La chancelière allemande Angela Merkel a condamné mardi le vol « abominable »d’une porte en fer forgé portant la funeste inscription « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre) sur le site du camp de concentration nazi de Dachau (ouest).

Le 20 août 2013, « j’ai visité le camp de Dachau. Ce lieu est devenu un lieu contre l’oubli, à destination des générations futures », a rappelé Mme Merkel, qui s’est vu remettre à Berlin le prix du General-André-Delpech par le Comité international de Dachau.

Cette récompense a été créée pour saluer des personnes qui ont soutenu cette association représentant les anciens détenus de Dachau.

« Des actes tels que le vol de la porte d’entrée » du camp de Dachau, près de Munich, dans la nuit de samedi à dimanche dernier en sont « d’autant plus abominables », a insisté Mme Merkel, dont la réaction est la première du gouvernement au sujet de ce vol.

« J’espère que ceux qui l’ont commis seront vite arrêtés » et jugés, a-t-elle ajouté.

La police a indiqué suivre plusieurs pistes, notamment celle d’éventuels néonazis, sans disposer pour le moment d’informations concrètes.

Le camp de concentration de Dachau avait été ouvert il y a 80 ans, le 22 mars 1933, soit moins de deux mois après l’accession d’Adolf Hitler à la chancellerie. Premier camp qui servit ensuite de modèle, il fut d’abord destiné à l’incarcération des prisonniers politiques.

Plus de 206 000 personnes originaires de plus de 30 pays y ont été détenues, et plus de 41 000 d’entre elles y moururent, avant que les prisonniers survivants de ce camp ne soient libérés par les Américains le 29 avril 1945.

Le camp accueille chaque année quelque 800 000 visiteurs du monde entier.

En décembre 2009, un vol similaire avait été perpétré dans l’ancien camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, où l’inscription métallique originale « Arbeit macht frei » avait été dérobée. L’instigateur du vol, un ex-leader néonazi suédois de 34 ans, Anders Högström, avait été condamné en 2010 à deux ans et huit mois de prison.