WASHINGTON — Le dialogue des Etats-Unis avec les responsables palestiniens n’a pas été gelé malgré la fermeture annoncée de la représentation palestinienne à Washington, a déclaré mardi la porte-parole du département d’Etat américain.

Heather Nauert a qualifié de « très technique » la décision concernant le bureau de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), sorte d’ambassade palestinienne aux Etats-Unis. Un porte-parole de l’OLP a confirmé qu’il avait reçu des instructions du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas « concernant la fermeture des lignes de communications avec les Américains ».

« Nous sommes en contact avec les responsables palestiniens au sujet du statut du bureau de l’OLP » et, « au-delà, au sujet de nos efforts en faveur d’un processus de paix global et durable », a assuré Heather Nauert devant la presse à Washington.

La porte-parole a démenti l’interprétation selon laquelle la fermeture à venir du bureau de l’OLP était vouée à faire pression sur les Palestiniens afin qu’ils adhérent à un éventuel futur plan de paix avec Israël sur lequel planchent de proches conseillers du président Trump.

Les développements interviennent au moment même où l’équipe diplomatique de Trump se prépare à prendre des mesures plus importantes afin de renouveler les négociations entre les Israéliens et les Palestiniens. Trump a fait d’un accord de paix global l’une des priorités de son administration.

Le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

Nauret a souligné mardi que les discussions, qui ont été engagées dans le cadre de ces efforts pour la paix, continuent.

« Ces conversations se poursuivent, a-t-elle déclaré. J’ai vu des informations ce matin qu’elles ne seraient plus en cours. Je peux vous assurer qu’elles continuent. Nous n’abandonnons pas le plan de paix. Nous ne le faisons pas. Vous savez à quel point c’est important pour cette administration ».

Washington a annoncé en fin de semaine dernière son intention de fermer la représentation de l’OLP.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a déclaré à l’AFP mardi qu’en « fermant le bureau, ils gelaient toutes les rencontres et nous rendons cela officiel ».

Ce week-end, le Département d’Etat a informé Maliki que le bureau de Washington de l’OLP serait fermé parce que les Palestiniens avaient violé une loi américaine qui interdisait leur volonté de poursuivre des Israéliens devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson lors d’une conférence de presse à Doha, le 11 juillet 2017. (Crédit : AFP/STRINGER)

Le secrétaire d’Etat américain doit ainsi régulièrement « certifier » au Congrès que ces conditions sont respectées. Or, Rex Tillerson a estimé que « de manière factuelle », des « déclarations faites par des dirigeants palestiniens au sujet de la CPI », devant les Nations unies, « ne lui permettaient pas de renouveler une telle certification », a expliqué sa porte-parole.

En septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait appelé la CPI à « ouvrir une enquête et à poursuivre les responsables israéliens » notamment « pour leur implication dans la colonisation ».