L’administration américaine a critiqué lundi la décision de la Russie de mettre fin à l’interdiction de livraison à l’Iran de ses missiles anti-aériens S-300.

Le secrétaire d’Etat John Kerry a fait part de sa préoccupation à son homologue russe Sergueï Lavrov lors d’un entretien téléphonique lundi, a indiqué Marie Harf, une porte-parole du département d’Etat.

Etant donné les tensions dans la région, « ce n’est pas le moment de vendre ce genre de systèmes » à l’Iran, a-t-elle estimé, jugeant que la décision de Moscou n’était « pas constructive ».

« Notre opposition à ces ventes est ancienne et publique. Nous pensons que ces ventes n’aident en rien » dans le contexte régional, a estimé de son côté le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone.

« Toute vente de technologies avancées (à l’Iran) est source de préoccupation pour nous », a-t-il ajouté.

La porte-parole du département d’Etat a toutefois estimé qu’a priori la décision de Moscou « ne violait pas » l’embargo décidé par l’ONU en juin 2010.

« Nous ne pensons pas » que cette décision « aura un impact sur l’unité » des grandes puissances dans leurs négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire, a aussi estimé Marie Harf.

La Russie a levé lundi l’interdiction de livrer ses batteries anti-aériennes S-300 à l’Iran, estimant que l’accord-cadre sur le nucléaire signé le 2 avril à Lausanne entre les grandes puissances et la République islamique le permettait, sans attendre une éventuelle levée des sanctions.

Selon le ministre des Affaires étrangère russes Sergueï Lavrov, la livraison de S-300 n’est pas sous le coup de l’embargo décidé par l’ONU.

Sans surprise, Israël a immédiatement réagi, y voyant une conséquence de l’accord de Lausanne qui accorde une « légitimité » à Téhéran.

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a critiqué par ailleurs les discussions russo-iraniennes sur des échanges de pétrole iranien contre des marchandises russes.

« Nous étudions les détails » de ces discussions. « Si ces sortes d’arrangements devaient progresser, cela soulèverait de graves préoccupations », y compris en ce qui concerne leur compatibilité avec l’embargo, a-t-il dit.