Washington et Israël scellent un accord d’assistance militaire de 38 MDS de $ sur 10 ans
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Washington et Israël scellent un accord d’assistance militaire de 38 MDS de $ sur 10 ans

Ce "protocole d'accord constitue le plus important engagement d'assistance militaire bilatérale dans l'histoire des Etats-Unis," selon Washington

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le personnel militaire devant une batterie du Dôme de fer à l'aéroport Ben Gurion, le 20 mars 2013. (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le personnel militaire devant une batterie du Dôme de fer à l'aéroport Ben Gurion, le 20 mars 2013. (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Les Etats-Unis vont octroyer 38 milliards de dollars d’aide militaire à Israël sur dix ans, une nouvelle assistance record malgré les fortes tensions entre les alliés à propos de l’Iran et du processus de paix avec les Palestiniens.

Ce protocole d’accord rendu public mardi « constitue le plus important engagement d’assistance militaire bilatérale dans l’histoire des Etats-Unis », a souligné le département d’Etat dans un bref communiqué annonçant une cérémonie de signature formelle, mercredi, au ministère américain des Affaires étrangères.

Washington n’a pas voulu confirmer le montant de l’assistance pour les années 2019-2028, mais un responsable israélien a confirmé le chiffre de 38 milliards de dollars sur dix ans évoqué par la presse. L’accord actuel expire en 2018 et octroie 30 milliards de dollars sur dix ans.

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réclamait une augmentation considérable de l’enveloppe.

M. Netanyahu avait dit en vouloir davantage compte tenu de l’entrée en vigueur en janvier de l’accord international sur le nucléaire iranien signé le 14 juillet 2015 à Vienne entre Téhéran et les grandes puissances.

Ce texte, qui doit garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien, implique la levée de sanctions internationales contre la République islamique et donc des dizaines de milliards de dollars réinjectés dans l’économie iranienne, synonyme de menace accrue pour Israël.

Si l’objectif principal affiché de l’accord sur le nucléaire est d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis espèrent aussi que Téhéran revienne progressivement dans le concert des nations, notamment pour tenter de stabiliser les conflits au Moyen-Orient.

Dégel Etats-Unis/Iran

Voulu par le président Barack Obama, cet accord sur le nucléaire iranien a été interprété comme une amorce de dégel entre Washington et Téhéran, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis 1980. Un rapprochement au grand dam des alliés historiques de l’Amérique, Israël et l’Arabie saoudite.

L’administration américaine démocrate, critiquée par les républicains au Congrès, a toujours insisté sur le fait qu’au-delà des différends, Israël n’avait jamais bénéficié d’un soutien plus solide que sous Barack Obama. La Maison Blanche rappelant régulièrement qu’Israël est un allié indéfectible de l’Amérique et son premier récipiendaire en termes d’assistance militaire.

Une fois le texte avec l’Iran signé et appliqué, M. Netanyahu a voulu montrer que la page était tournée. La presse israélienne l’avait toutefois soupçonné d’attendre l’entrée en fonctions le 20 janvier 2017 du prochain président américain pour obtenir une aide militaire encore plus généreuse.

‘Jouer’ avec la sécurité d’Israël

L’un de ses prédécesseurs, Ehud Barak, avait même accusé M. Netanyahu de « jouer » avec la sécurité d’Israël. « Au lieu de recevoir 4,5 milliards de dollars comme on le pensait et comme cela aurait été possible il y a un an (…), Israël va recevoir 3,8 milliards », avait-il déploré en août.

Et les dissensions entre les deux alliés se sont poursuivies durant leurs négociations : le ministère israélien de la Défense, dirigé par l’ultranationaliste Avigdor Liberman, avait comparé en août l’accord avec l’Iran avec celui l’accord de Munich de 1938, symbole historique de la capitulation diplomatique des démocraties européennes face à l’Allemagne nazie.

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