Les Etats-Unis ont fulminé mercredi contre la demande d’adhésion des Palestiniens à la Cour pénale internationale (CPI), une « escalade contre-productive » qui « alourdit le climat » avec Israël.

« Nous sommes profondément troublés par l’action des Palestiniens aujourd’hui concernant la CPI », a condamné dans un communiqué un porte-parole de la diplomatie américaine, Jeffrey Rathke.

« C’est une escalade qui ne permettra d’obtenir aucun des résultats que la plupart des Palestiniens espèrent depuis longtemps pour leur peuple » a fustigé le responsable américain, réagissant à la demande d’adhésion à la CPI signée par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

« L’action d’aujourd’hui est totalement contre-productive et ne fait rien pour les aspirations du peuple palestinien à avoir un Etat souverain et indépendant » a martelé le département d’Etat.

En outre, la décision des Palestiniens « alourdit sérieusement le climat avec le peuple justement avec lequel ils doivent, au bout du compte, faire la paix » a ajouté le ministère américain des Affaires étrangères, en allusion à Israël.

« Les Etats-Unis continuent de s’opposer avec force aux actions des deux camps qui sapent la confiance et jettent un doute sur leurs engagements à une paix négociée » ont-ils encore argumenté.

« Chaque mois qui passe sans engagement constructif des deux parties ne fait que polariser un peu plus les positions et laisse la place aux actes de déstabilisation » s’est enfin alarmé Washington, en référence aux violences des dernières semaines entre Israël et les Palestiniens.

Ces derniers ont signé mercredi leur demande d’adhésion à la CPI où ils pourraient poursuivre les dirigeants israéliens pour « crimes de guerre », durcissant encore la confrontation avec l’Etat hébreu après l’échec de leur initiative diplomatique à l’ONU.

Les Palestiniens avaient menacé de rejoindre un certain nombre d’organisations internationales en cas de rejet de leur résolution à l’ONU prévoyant un règlement du conflit avec Israël sous un an, puis un retrait les deux années suivantes sur les frontières d’avant 1967.

Mardi soir devant le Conseil de sécurité, la résolution des Palestiniens n’a obtenu que 8 voix sur 15 (sur les neuf votes nécessaires) et Washington n’a même pas eu à utiliser son veto.

Les Etats-Unis s’opposent depuis toujours à une démarche unilatérale des Palestiniens devant les organisations internationales et défendent le principe de négociations directes israélo-palestiniennes pour résoudre le conflit.

Mais la dernière initiative du secrétaire d’Etat John Kerry en juillet 2013 a échoué en avril dernier, après neuf mois de dialogue direct infructueux.

Le chef de la diplomatie américaine a toutefois plusieurs fois affirmé qu’il n’avait pas abandonné l’idée d’une éventuelle relance du processus de paix.