Les Etats-Unis ont affirmé jeudi qu’une éventuelle levée des sanctions qui frappent l’Iran en raison de son programme nucléaire controversé se ferait seulement « par étapes », une fois un accord définitif scellé entre Téhéran et les grandes puissances.

« Les sanctions seront suspendues de manière progressive et sous condition de vérification que l’Iran respecte ses engagements, conformément à un plan d’action complet et définitif » qui doit être signé d’ici au 30 juin, a dit le porte-parole du département d’Etat Jeffrey Rathke.

Le diplomate américain était interrogé sur les déclarations jeudi du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui ont douché les espoirs d’arriver à un texte final dans moins de trois mois sur la base de l’entente conclue le 2 avril à Lausanne.

« Nous n’allons pas répondre à chaque déclaration publique faite par un responsable iranien, ni négocier en public », a répliqué M. Rathke, le gouvernement américain ayant depuis des mois gardé le silence sur le contenu des tractations concernant le programme nucléaire iranien.

Washington, membre du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) qui négocie avec l’Iran, avait toutefois rendu public un document de quatre pages détaillant les « paramètres » d’un futur accord final qui règlerait tous les « détails » techniques. L’entente de Lausanne du 2 avril a été qualifiée de simple « accord-cadre » ou « d’accord d’étape » et l’Iran a publié sa propre version en farsi du document.

Les deux pays ont étalé ces derniers jours quelques divergences sur le contenu de qui a été agréé à Lausanne.

Et jeudi, l’ayatollah Khamenei est resté prudent sur les chances d’un accord final.

L’entente de Lausanne « ne garantit ni l’accord en lui-même, ni son contenu, ni même que les négociations iront jusqu’au bout », a dit le numéro un iranien. « Tout est dans le détail. Il se peut que l’autre partie, qui est déloyale, veuille limiter notre pays dans les détails », a-t-il souligné, en réaffirmant que son pays ne cherchait pas à fabriquer l’arme atomique.

Sur les sanctions, les Occidentaux demandent une levée progressive à mesure que les engagements de l’Iran seront vérifiés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le gendarme nucléaire de l’ONU.

Mais l’Iran, lui, veut leur levée dès la signature de l’accord global. Une demande réaffirmée jeudi par le président Hassan Rouhani.

« Le processus de suspension ou d’allègement des sanctions ne commencera qu’une fois que l’Iran aura bouclé ses principales mesures relatives à son programme nucléaire », a réaffirmé le porte-parole de la diplomatie américaine.

« Cela correspond à ce que nous avons dit au cours de la semaine passée et ce sur quoi nous sommes tombés d’accord à Lausanne », a assuré M. Rathke.