WASHINGTON – La Maison Blanche a nommé Robert Malley, négociateur américain lors des pourparlers de Camp David en 2000, pour diriger le bureau du Moyen-Orient au Conseil national de sécurité.

Malley, dont la nomination a été annoncée vendredi après-midi, gérait depuis l’an dernier le bureau Iran-Irak-Syrie-Etats du Golfe. Il remplacera Philip Gordon, qui coordonnait le Moyen-Orient depuis 2013, et assume ainsi cette fonction pour Israël et les Palestiniens ainsi que l’Afrique du Nord et le golfe Persique.

Il atteint également un grade plus élevé, passant de directeur principal à assistant spécial.

Malley travaille déjà avec Israël, et a assisté à des réunions sur la question nucléaire iranienne entre sa chef, la conseillère à la sécurité nationale Susan Rice, et son homologue israélien, Yossi Cohen.

Malley s’était attiré quelques critiques pro-israéliennes pour son rapport publié en 2001 à propos des pourparlers de Camp David de 2000. Il y soutenait que la version officielle, qui tenait les Palestiniens pour responsables de l’effondrement des discussions, était fausse car elle ignorait les concessions palestiniennes et les responsabilités israéliennes.

En tant que directeur du programme Moyen-Orient au think tank International Crisis Group, il a également rencontré à plusieurs reprises des représentants du Hamas et affirmé que les parties prenantes au processus de paix devraient à un moment donné s’engager avec le groupe terroriste, qui contrôle la bande de Gaza.

Au moins deux groupes pro-israéliens ont exprimé leur préoccupation au sujet de la nomination de ce week-end.

L’un de ces représentants a déclaré à JTA que les fonctionnaires de la Maison Blanche leur avaient assuré, l’an dernier après l’embauche de Malley, que ce dernier ne traiterait pas avec Israël et les Palestiniens.

En 2008, Malley a été très critiqué parce qu’il avait rencontré des responsables du Hamas tout en conseillant Barack Obama, alors sénateur, de façon informelle pour la campagne présidentielle.

À l’époque, cinq négociateurs américains au Moyen-Orient, en poste ou l’ayant été, certains avec des liens pro-Israël, tous juifs, avaient dénoncé ces attaques comme « vicieuses ».

Ils avaient affirmé que même s’ils avaient des différences de point de vue avec Malley, ils n’avaient « aucun doute » sur le fait qu’il partageait le point de vue selon lequel « les États-Unis ne devraient pas et ne feront rien pour saper la sécurité d’Israël ou la relation particulière entre nos deux nations ».