Les Etats Unis prévoiraient de se retirer de l’instance culturelle des Nations unies pour des raisons financières et en raison de ce que le pays qualifie de partialité enracinée anti-israélienne.

Washington pourrait annoncer son départ de l’UNESCO dès la semaine prochaine, a fait savoir mercredi le magazine Foreign Policy.

Les Etats-Unis conserveraient un statut d’observateur au sein de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, dont le siège se trouve à Paris.

Selon l’article, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson aurait pris cette décision il y a plusieurs semaines à l’Assemblée générale de l’ONU mais le département d’Etat aurait vivement recommandé à Washington de rester dans l’organisation jusqu’à la désignation d’un nouveau président, dans les prochaines semaines.

Washington tente également de réguler les dettes impayées des Etats-Unis à l’organisation qui ne cessent d’augmenter. Les Américains avaient suspendu leur financement à l’UNESCO après que l’instance a accordé le statut de membre à part entière à la Palestine, en 2011.

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Ces dettes s’élèvent dorénavant à 500 millions de dollars et Tillerson tente « d’arrêter l’hémorragie », a dit le magazine.

Ces informations surgissent alors que les états-membres de l’UNESCO sont en train de voter pour un nouveau directeur général, un scrutin marqué par des querelles diplomatiques intenses entre les sept candidats.

Cela fait longtemps que les pays arabes veulent diriger l’organisation, même si des divisions sur l’adhésion palestinienne ont compliqué leurs tentatives.

La France et le Qatar sont au coude à coude dans la course à la présidence de l’UNESCO après qu’un troisième round de vote, mercredi, a abaissé à cinq le nombre de candidats encore en lice.

Carmel Shama-Hacohen, l’ambassadeur israélien de l’UNESCO, a déploré cette semaine les résultats initiaux de ce scrutin, confiant au Times of Israël que « c’est une mauvaise nouvelle pour l’organisation et malheureusement aussi pour Israël ».

Les délégués de l’UNESCO vont continuer à voter quotidiennement cette semaine jusqu’à ce qu’un candidat bénéficie d’une majorité. Si, lors du quatrième tour électoral, qui se tiendra jeudi, aucun candidat n’a reçu une majorité, alors seulement les deux candidats en tête de ce scrutin se présenteront vendredi pour un vote final.

Ces derniers mois, l’instance, basée à Paris, a ravi les Palestiniens lorsqu’elle a déclaré que la Vieille ville de Hébron en Cisjordanie était un site du patrimoine mondial en péril. Elle a également adopté plusieurs résolutions ignorant les liens Juifs avec Jérusalem, suscitant la colère des responsables israéliens.

Les Israéliens ont fait davantage pression sur l’UNESCO ces dernières années, l’accusant d’adopter des résolutions partiales qui ciblent Israël de manière obsessionnelle.