Les conducteurs de Waze qui ont accès à la plateforme modifiable de cartes des routes ont, ces dernières semaines, changé le nom de la clôture qui sépare Israël de la Cisjordanie, passant de « barrière de sécurité » à « mur de séparation ».

Ce qui fait de l’application de trafic routier le dernier champ de bataille dans la lutte continuelle de « cartographie politique » entre les supporters d’Israël et ceux qui s’opposent à sa politique.

Un porte-parole de Waze a déclaré que la société ne savait rien à ce sujet et n’avait pas à s’impliquer dans la politique.

Waze est l’application qu’utilisent les conducteurs à travers le monde pour avoir des informations sur leurs déplacements.

La plate-forme recueille les informations comme le trafic, la vitesse, les accidents, les nids de poule, la surveillance policière et les diffuse auprès des utilisateurs de l’application.

Waze utilise les services de localisation GPS et d’autres fonctionnalités des smartphones pour mesurer automatiquement la vitesse du conducteur et transpose les informations sur une carte. Les cartes sont mises à jour automatiquement et régulièrement afin de refléter les fermetures, la construction et les nouveaux ajouts.

Pour s’assurer d’un maximum de précision, Waze permet également aux utilisateurs de modifier en ligne les cartes. L’idée est de permettre aux résidents de mettre à jour les noms de rues ou de quartiers, détails que la plate-forme ne peut mettre à jour automatiquement. Ces modifications sont répercutées sur les cartes vues dans les versions mobiles de l’application.

Les conducteurs utilisant Waze ont accès aux repères. La barrière de sécurité, le nom officiel utilisé par le ministère de la Défense pour la structure, est l’un des monuments les plus politisés dans le monde.

La clôture suit à peu près la Ligne verte (la ligne d’armistice de 1949), avec des incursions dans les domaines des blocs des implantations en Judée (Gush Etzion, Beitar, Maale Adumim) et la Samarie (le bloc Ariel).

Le nom de la structure est aussi un sujet de discorde politique féroce.

Selon le guide du style de la BBC, par exemple, le terme « clôture de sécurité » est lui-même politique, prenant en compte la revendication de ce qu’elle est censée être pour le gouvernement israélien. La BBC utilise généralement « barrière de séparation ».

Une lecture rapide des sites d’organisations non soupçonnés de sympathie pour la cause sioniste (Al Jazeera, Electronic Intifada), et des groupes israéliens opposés à la présence d’Israël en Cisjordanie (B’Tselem, La Paix maintenant) indique une préférence pour le terme « barrière de séparation » ou « mur de séparation », s’opposant à ceux qui croient que la clôture a sauvé des vies israéliennes en empêchant les terroristes de pénétrer dans des zones à forte concentration de population israélienne.

Selon le ministère de la Défense, la plupart de la clôture est une clôture. La partie « mur » est construite sur une partie de la clôture où il y a une grande concentration de Palestiniens et d’Israéliens, comme à Jérusalem et à proximité des villes palestiniennes de Kalkilya et de Tulkarem, qui sont respectivement adjacentes à Kfar Saba et à la banlieue de Netanya.

Il semble que le défi a été relevé par les deux parties. La semaine dernière, des segments de la structure ont arboré les noms à la fois de «clôture de sécurité» et «mur de séparation», avec les noms changeant parfois plusieurs fois par jour. Les noms apparaissent sur plus d’une douzaine de points sur toute la longueur.

Si les utilisateurs de Waze de chaque côté essaient de changer la carte de l’application pour refléter leur point de vue politique, les efforts semblent être de nature individuelle.

Les porte-parole des groupes d’activistes israéliens de gauche et de droite (La Paix maintenant, B’Tselem, Regavim, Im Tirzu) ont affirmé qu’ils n’étaient pas au courant de la campagne organisée pour politiser les cartes de Waze.

Tal Grunberg, un activiste à l’origine d’une pétition pour que les cartes météo de la télévision israélienne, les manuels scolaires et Waze comprennent la Ligne verte, a déclaré qu’il n’avait rien à voir la dedans.

« Toutes les cartes d’Israël qui sont enseignées dans les écoles, présentées dans les médias, Waze et dans les bulletins météorologiques, montrent Israël comme un pays qui a déjà annexé la Cisjordanie », a déclaré Grunberg.

« Ceci constitue un endoctrinement clair qui affecte les étudiants, les soldats et les civils. Les générations grandissent en croyant que la Cisjordanie fait partie d’Israël, malgré le fait que ces territoires n’ont jamais été annexés par aucun des gouvernements israéliens depuis 1967 ». Alors qu’il est heureux que « quelqu’un apporte un certain sens à Waze », il ne sait pas qui féliciter.

Un porte-parole de Waze indique que la compagnie n’était pas au courant de la question. «Nous sommes une entreprise de technologie, et nous ne prenons pas de positions politiques. Les données sur nos cartes proviennent des utilisateurs de Waze», a déclaré le porte-parole.

Waze est maintenant détenue par Google, qui a ses propres cartes modifiables, où les utilisateurs peuvent ajouter des noms de lieux et des monuments. Google Maps montre le tracé de la barrière, mais ne la nomme pas. Il affiche également la Ligne verte.

Toutefois, Google Maps pour Israël n’est actuellement pas modifiable. Selon les rumeurs sur Internet, c’est parce que la société s’inquiète de la possibilité de modification politique des cartes. Le porte-parole de Google n’a fait aucun commentaire.

Il convient de noter que la fonction d’édition de Google Maps est également fermée à la Russie, la Chine, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal, qui ont actuellement des conflits territoriaux non résolus ou pas clairs avec leurs voisins.

Les cartes pour la Jordanie et le Liban ne sont pas modifiables non plus. Pendant ce temps, les cartes sur Waze continuent à être librement modifiables, et la compagnie indique qu’elle n’a pas l’intention de changer la situation pour le moment.