Après deux ans et demi de batailles juridiques, la libération d’un demandeur d’asile soudanais détenu dans le centre de rétention de Holot a été ordonnée lundi par le procureur général Yehuda Weinstein, après ses nombreuses demandes d’asile par le biais du système judiciaire d’Israël aient été à plusieurs reprises retardées ou refusées.

Weinstein a statué que Mutasim Ali, 28 ans, un natif du Darfour et défenseur des droits des migrants en Israël, soit libéré « sans délai » après que ses recours contestant la légalité de sa détention avaient continuellement été « ignorés » par la justice, ont rapporté les médias en hébreu.

Résidant en Israël depuis 2009, Ali a été détenu depuis 14 derniers à Holot, malgré ses demandes de statut de réfugié, qu’il a deposées depuis décembre 2012.

Holot est un établissement « ouvert » dans le sud d’Israël qui abrite actuellement quelque 2 500 demandeurs d’asile africains.

Les détenus sont tenus de s’y présenter les matins et les soirs, mais sont libres de le quitter pendant la journée. La durée maximale de détention dans l’établissement fixée par la loi est de 20 mois.

Malgré les recommandations de l’ONU de lui accorder le statut de réfugié, Ali a été contraint de se présenter à Holot en mai 2014.

Il a contesté l’ordre devant le tribunal de Tel Aviv, qui a statué contre lui. Dans un appel plus tard devant la Cour suprême, les juges ont évité une décision directe et ont renvoyé son cas devant le tribunal de district.

Des réfugiés africains devant le centre de rétention Holot dans le sud d'Israël, le 13 juin 2015 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)

Des réfugiés africains devant le centre de rétention Holot dans le sud d’Israël, le 13 juin 2015 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)

Les recours d’Ali ont été deposés avec l’aide de l’ONG israélienne la Hotline pour les réfugiés et les migrants.

Jusqu’à présent, Israël n’a reconnu que quatre Erythréens et Soudanais en tant que demandeurs d’asile officiels, sur un total de 5 573 qui ont demandé ce statut.

Parlant couramment l’hébreu et apparaissant à la télévision nationale comme le champion des droits des demandeurs d’asile en Israël, Ali a dit à l’époque de son arrestation que les autorités ont cherché à le retenir en raison de sa grande visibilité et de son rôle de leader dans le mouvement de protestation des migrants.

Après avoir entendu lundi la nouvelle de sa libération imminente, Ali a déclaré sur le site en hébreu Walla qu’il continuera à se battre pour la libération des autres migrants. L’intervention de l’Etat en sa faveur a prouvé que sa cause était une « juste », a-t-il dit.

« Cette décision devrait être appliquée à tous [ceux détenus à Holot], et je vais continuer à attendre la libération de toutes les personnes emprisonnées sans procès avant le traitement de leur demande d’asile », a déclaré Ali.

Une injonction de la Cour suprême en septembre 2014 avait déclaré inconstitutionnelle la détention de demandeurs d’asile pour une durée non précisée et a ordonné la fermeture du complexe de Holot fermé jusqu’au 22 décembre de l’année dernière.

Le tribunal a accordé au gouvernement trois mois pour trouver une politique alternative avant qu’il ait complètement abrogé la loi.

À la lumière de cette décision, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et le ministère de l’Intérieur, ont fait en novembre de nouveaux amendements à la loi qui ont permis de détenir les immigrants illégaux jusqu’à 20 mois sans procès – un changement qui, dans la pratique, a permis à Holot de rester ouvert.