Wendy Sherman, qui dirige l’équipe de négociations des États-Unis dans les pourparlers avec l’Iran, a déclaré lundi que les préoccupations sécuritaires d’Israël sur l’accord nucléaire étaient légitimes.

Elle a maintenu qu’il était possible de parvenir à un accord final entre les puissances mondiales et Téhéran avant la date butoir du 30 juin et qu’il était préférable à « l’alternative ». Une frappe militaire, a-t-elle dit, ne pourrait faire reculer l’Iran que d’un à trois ans au plus.

Sherman, qui est la sous-secrétaire d’Etat aux affaires politiques, s’est adressée aux journalistes israéliens via une conférence téléphonique dans le cadre d’un vaste effort pour expliquer et renforcer le soutien à un accord qui a suscité une inquiétude généralisée en Israël et à Washington.

Elle a déclaré que les Etats-Unis avaient l’intention de consulter Israël sur ses besoins en matière de sécurité.

Elle a précisé que les sanctions seraient levées progressivement, en fonction du respect de l’accord par l’Iran, ce qui contredit les exigences des dirigeants iraniens – qui demandent que les sanctions soient allégées immédiatement.

« Est-ce un accord parfait ? Non, un accord parfait, c’est une notion qui n’existe pas », a-t-elle affirmé, selon les médias en hébreu, ajoutant « qu’il n’y a pas de formule ou d’option plus efficace que la voie diplomatique ».

Les États-Unis reconnaissent que les préoccupations de Jérusalem sont légitimes, a-t-elle ajouté, mais elle a affirmé que l’accord qui a été conclu est le seul moyen d’empêcher l’Iran de se doter d’une bombe nucléaire.

Sherman a également promis que les inspections des installations nucléaires de l’Iran serait vastes, intrusives et efficaces.

Samedi soir, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré que les inspections prévues n’étaient « pas serieuses ».

Dimanche, Netanyahu a présenté ses vues pour un meilleur accord. Pour commencer, a-t-il dit, « au lieu de laisser l’Iran conserver et développer ses capacités nucléaires, une meilleur accord aurait significativement fait revenir en arrière ces capacités – par exemple, en fermant les installations souterraines illicites que l’Iran cachait depuis des années à la communauté internationale ».

Dans la conversation de lundi, Sherman a également expliqué pourquoi les États-Unis n’avaient pas accepté l’exigence israélienne que l’accord sur le nucléaire devrait également inclure une reconnaissance de la part de Téhéran du droit de l’Etat juif à exister et la fin des appels iraniens à détruire Israël.

La diplomate a affirmé que ce n’était pas logique de lier la reconnaissance d’Israël ou le soutien iranien au terrorisme dans le monde entier à une négociation déjà compliquée, et a déclaré que ces questions devraient être traitées séparément.

« Nous estimons que nous ne pouvons pas conditionner le fait que l’Iran ne se dote pas d’une arme nucléaire à d’autres questions », a poursuivi Sherman.

« Obtenir un accord est assez difficile. Le droit d’Israël à exister et les actions de l’Iran dans la région seront traitées sur une voie parallèle. »

Le briefing de Sherman s’est tenu au moment où le président américain Barack Obama rencontrait à Washington des dirigeants juifs dans le cadre d’une campagne déterminée de la Maison Blanche pour promouvoir l’accord avec l’Iran.

Cette campagne de plaidoyer est due au fait que l’accord, formulé à Lausanne, a attiré de vives critiques de la part de Netanyahu et de responsables israéliens, qui lui reprochent de ne pas inclure les mesures nécessaires pour s’assurer que Téhéran ne produise pas de bombe atomique.