« J’étais abasourdi. Au début je n’y croyais pas, je croyais que c’était une connerie. J’étais dans le train. Je n’y croyais pas. Force est de constater que tout est vrai. Perdre à une si grande échelle tant d’amis et de collègues, je ne sais pas quoi dire. Je n’ai pas de formule toute prête. Je ne vais jamais aux conférences de rédaction car je n’aime pas cela. Cela m’a peut-être sauvé la vie », raconte Bernhard Willem Holtrop, un des dessinateurs de Charlie Hebdo.

Plus tard, il confiait à l’Agence France Presse : « C’est un journal qui a été décapité, comme en Syrie, en Irak… C’est unique au monde qu’un journal soit tué comme ça. Ce ne sont pas que des collègues, ce sont des amis. (…) Cabu, c’est le caricaturiste le plus doué de sa génération, tout le monde l’imite. »

D’origine néerlandaise et vivant en France depuis 1968, Willem collabore à Charlie Hebdo et Libération en tant que dessinateur satirique.

Connue pour sa satire politique et sociale cinglante, il a la particularité de ne pas vouloir faire corriger les textes en français – une langue qu’il ne maîtrise qu’imparfaitement – accompagnant ses dessins. Très ému, il a confié à Libération vouloir continuer le dessin.

« C’est une perte énorme pour moi, pour la presse. L’attentat, c’est clairement une intimidation pour le pays. Il faut continuer à se foutre de leur gueule. Comme je suis dessinateur, je ne sais faire que cela donc je vais continuer. Sinon ils auront gagné. »