L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon aurait témoigné contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le scandale dit des sous-marins, dans lequel l’avocat personnel de Netanyahu aurait influencé un accord à plusieurs milliards de shekels en faveur du constructeur naval allemand qu’il représentait en Israël.

Yaalon, évincé l’année dernière du ministère de la Défense, en partie en raison des désaccords avec Netanyahu sur l’achat de nouveaux sous-marins, a récemment témoigné dans l’affaire dite « Affaire 3 000 » en raison de ses connaissances sur les achats de navires à l’entreprise allemande ThyssenKrupp.

Selon un reportage diffusé samedi soir par la Deuxième chaîne, le témoignage de l’ancien ministre de la Défense pourrait pousser la police à lancer une enquête criminelle sur l’affaire.

Selon la chaîne, Yaalon a dit à la police que Netanyahu était directement impliqué dans la négociation avec des responsables allemands de l’achat d’au moins trois sous-marins. Ces discussions se sont faites sans impliquer l’establishment militaire israélien, a déclaré Yaalon.

Citant des sources impliquées dans l’enquête, la chaine a annoncé que les enquêteurs avaient l’impression que Yaalon « essayait de montrer aux policiers que les motifs de Netanyahu étaient sans scrupule. »

Moshe Yaalon et Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Uri Lenz/Flash 90)

Moshe Yaalon et Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Uri Lenz/Flash 90)

La semaine dernière, la Deuxième chaîne avait annoncé que l’affaire ne se concentrait pour l’instant pas sur Netanyahu, mais sur certains de ses proches.

Elle avait également précisé que Yaalon serait interrogé sur trois sujets : la modification apparente de l’appel d’offre pour des navires de guerre pour s’adapter à ThyssenKrupp, la décision de Netanyahu d’acheter trois nouveaux sous-marins malgré le désaccord de Yaalon sur leur nécessité, et la décision de Netanyahu d’acheter deux navires anti-sous-marins, alors que l’establishment militaire n’en avait pas précédemment discuté.

Un porte-parole de Yaalon a déclaré au Times of Israël qu’il ne savait pas d’où provenaient ces informations, et a refusé de confirmer ou de démentir l’existence du témoignage de Yaalon.