La société israélienne doit faire tout ce qui est possible pour faire cesser les tentatives de ternir la réputation des femmes qui portent plainte pour harcèlement sexuel, a déclaré mardi le ministre de la Défense Moshe Yaalon, alors que l’armée reste impliquée dans un scandale de viol autour d’un haut général.

Yaalon, marquant la journée internationale des droits des femmes, a appelé le pays à mener une guerre sans compromis contre les violences sexuelles et à protéger les victimes.

Il est fondamental d’éliminer les tentatives de « transformer ceux qui se plaignent en coupables », a exhorté Yaalon dans un communiqué. « Aucun d’entre nous ne comprend vraiment ce qui arrive à l’âme d’une personne qui a connu la violence, le harcèlement ou une blessure sexuelle. »

Sa déclaration intervient alors que l’armée se demande si elle doit continuer à suspendre le général Ofek Bouchris après que deux soldates qui ont servi sous ses ordres ont déclaré qu’il les avait violées.

Les paroles de Yaalon visaient probablement les critiques qui avaient tenté de trouver des failles dans les histoires des victimes présumées. Bouchris, dont on avait pensé qu’il serait sur les rangs pour une position importante à l’armée, a affirmé son innocence et a subi lundi un test au détecteur de mensonges, dont les résultats n’ont pas encore été publiés.

Une confrontation en face-à-face entre l’officier et au moins l’une des plaignantes devraient avoir lieu dans la semaine, a annoncé Israël HaYom.

Une pétition lancée la semaine dernière pour soutenir Bouchris avait rassemblé mardi plus de 10 500 signatures.

Cependant, il y a une semaine, pendant une audience spéciale au quartier général de l’armée israélienne à Tel Aviv, la juge Maya Heller avait déclaré que les procureurs militaires avaient présenté des « preuves suffisantes » pour impliquer Bouchris.

La carrière militaire de Bouchris se terminera et ce même s’il est découvert que lui et les soldates ont eu des relations sexuelles consenties, que l’armée interdit entre des officiers et leurs subalternes.

Nechama Rivlin avec des victimes d'agressions sexuelles, le 7 mars 2016 à Jérusalem (Crédit : Autorisation du porte-parole du président)

Nechama Rivlin avec des victimes d’agressions sexuelles, le 7 mars 2016 à Jérusalem (Crédit : Autorisation du porte-parole du président)

Yaalon a déclaré que la société en général et l’armée en particulier avaient fait de grands progrès pour intégrer les femmes et améliorer leur statut.

Mais la bataille n’est pas terminée pour les femmes pour « s’intégrer plus, gagner plus, et entrer dans les sociétés fermées peuplées seulement d’hommes, dont certains sont moins talentueux et ont moins de succès qu’elles, mais qui ont la préférence parce qu’ils sont des hommes. »

Le ministre de la Défense faisait partie de plusieurs personnages publics qui ont marqué mardi la journée internationale des droits des femmes.

Lundi, à la résidence présidentielle à Jérusalem, la Première dame Nechama Rivlin avait accueilli les personnages féminins dirigeants de la société israélienne.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.