Le ministre de la Défense a accusé lundi l’Autorité palestinienne de ne pas avoir mis en œuvre un accord qui aurait placé des gardes aux entrées et aux sorties des passages de la frontière avec Gaza après la guerre de 50 jours l’été dernier. Cet accord aurait pu conduire progressivement à la levée du blocus sur l’enclave côtière.

« Nous avons tenté après [l’opération] Bordure protectrice, avec l’accord égyptien, de faciliter l’entrée de l’AP dans la bande de Gaza, mais ils n’ont pas voulu », explique Moshe Yaalon lors d’un discours enregistré diffusé pendant la Conférence annuelle de l’INSS – l’Institut des études de la Sécurité nationale.

L’Egypte, poursuit-il, « traite le Hamas comme un élément hostile, même comme un ennemi », et donc il était clair que la seule manière d’autoriser une plus grande circulation des biens et des personnes de Gaza vers Israël ou l’Egypte serait de poster des troupes de l’AP aux passages transfrontaliers.

« Nous avions créé un mécanisme à trois voies – le Coordonnateur [israélien] des activités gouvernementales dans les territoires [COGAT], le Premier ministre palestinien, et le représentant de l’ONU Robert Serry. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Le coordinateur et Robert Serry. Les Palestiniens se sont enfui ! Ils sont bons pour nous accuser à l’ONU, au Conseil de sécurité et à la CPI (Cour pénale internationale). Mais lorsqu’il s’agit de prendre des responsabilités, ils sont nulle part, et ce n’est pas la première fois ».

Un policier du Hamas à la frontière de Rafah (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash 90)

Un policier du Hamas à la frontière de Rafah (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash 90)

Yaalon décrit Israël et les Palestiniens comme « des siamois » liés par la chair des inquiétudes économiques comme l’eau et l’emploi. Il ajoute que les menaces de l’AP de causer sa propre perte – ou de jeter la clé – ne sont que des « menaces en l’air ».

Néanmoins, il a souligné, non pas pour la première fois, qu’à son avis, la notion d’une solution au conflit ne va pas dans la bonne direction. Au lieu de cela, à la lumière des écarts entre les positions israélienne et palestinienne, il a appelé à une gestion croissante de la situation.

Des anciens responsables de la sécurité de gauche et du centre se sont levés contre cette notion de la gestion des conflits.

L’ancien chef des renseignements militaires Uri Sagi assimile cette opinion à un médecin qui explique « comment maintenir son qualité de vie dans ses derniers jours » à un malade en phase terminale.

Yaalon a également abordé les négociations internationales avec l’Iran, exprimant sa consternation et même de la confusion à la portée étroite des pourparlers et le recul de la position initiale qui, a-t-il expliqué, a été conçue pour forcer le régime de Téhéran à choisir entre sa propre survie et son projet nucléaire.

Une image satellite diffusée par la Deuxième chaîne le 21 Janvier 2015, montre un missile à longue portée iranien sur une rampe de lancement en dehors de Téhéran. (Crédit : capture d'écran de la Deuxième chaîne)

Une image satellite diffusée par la Deuxième chaîne le 21 Janvier 2015, montre un missile à longue portée iranien sur une rampe de lancement en dehors de Téhéran. (Crédit : capture d’écran de la Deuxième chaîne)

En regardant la longue marche de Téhéran vers la bombe qui a duré des décennies, il affirme que « la bonne nouvelle » est que si, au début, personne, « y compris nos amis les Américains », n’étaient prêts à croire que le projet était dirigé vers l’obtention de la bombe nucléaire à des fins militaires, avec le temps, même l’Agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] a fini par partager la position israélienne.

En outre, l’effort international coordonné, avec les sanctions et les plans militaires, ont forcé l’Iran à se joindre à la table des négociations, et même à avoir un dialogue direct « avec le Grand Satan », les Etats-Unis.

« Mais à notre grande consternation, quand il a commencé à parler, au lieu d’avoir une position ferme et claire » en ce qui concerne le programme nucléaire militaire de l’Iran, constate Yaalon, une grande latitude a été donnée à l’Iran.

Le débat ne portait plus sur l’enrichissement, mais sur « combien de milliers de centrifugeuses auront-ils ? ».

La piste du plutonium, aussi, semble avoir produit des conciliations inutiles, a-t-il ajouté.

En outre, ni les recherches sur les constructions de bombe, qui auraient eu lieu dans l’établissement de Parchin jusqu’en 2003 et dont un rapport de l’AIEA y fait allusion, ni le mode de livraison des bombes – les missiles à longue portée de l’Iran – ne font partie des négociations internationales.

Les actions déstabilisatrices et « mauvaises » de l’Iran au Yémen, à Gaza, au Liban, en Syrie, et en Amérique du Sud, ne sont mentionnées, s’insurge Yaalon. « Et nous nous demandons, comment se fait-il que ces sujets ne relèvent pas de la discussion ? Comment est-ce que ceux qui gèrent les négociations avec le régime, qui est sous pression, sont tout d’un coup aussi laxistes avec elle ? ».

Les négociations en cours, qui s’approchent de la dernière ligne droite, devraient chercher « un large accord avec l’Iran, conseille-t-il, pour lutter contre un éventail de comportements et éviter « d’ouvrir la voie » à un régime messianique et apocalyptique vers « l’hégémonie dans la région ».

La date butoir pour les négociations en cours, qui a été prolongée à plusieurs reprises dans le passé, est le 24 mars.