Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait face à une enquête de la police pour plusieurs affaires de corruption, l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré samedi qu’il « est temps pour l’Etat d’Israël d’avoir un Premier ministre qui ne soit pas visé par une enquête ».

Dans son premier entretien depuis qu’il a quitté ses fonctions en mai, Yaalon a déclaré à la Deuxième chaîne qu’il prévoyait « d’accéder au pouvoir » dans le futur, même s’il n’a pas précisé s’il chercherait à devenir Premier ministre, ou à occuper un poste à responsabilité dans un futur gouvernement.

Yaalon, qui a quitté le gouvernement et le parti du Likud après que le Premier ministre l’a remplacé par Avigdor Liberman dans le but d’élargir sa coalition, a ajouté que la corruption dans le gouvernement « m’empêche plus de dormir que la bombe iranienne », en référence à la menace de voir Téhéran posséder l’arme nucléaire.

Une grande partie de l’entretien a été consacrée au cas d’Elor Azaria, soldat condamné la semaine dernière pour l’homicide d’un terroriste palestinien désarmé.

Yaalon a été l’une des cibles de la colère de l’extrême droite suite à la condamnation d’Azaria, avec le chef de l’Etat-major Gadi Eizenkot et les juges du tribunal. Certains membres de l’extrême droite ont accusé les responsables de la Défense d’avoir abandonné Azaria et d’avoir scellé son destin en condamnant ses actions avant que l’incident ait fait l’objet d’une enquête.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le ministre de la Défense d'alors Moshe Yaalon et le chef d'état-major Gadi Eizenkot pendant une visite en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le ministre de la Défense d’alors Moshe Yaalon et le chef d’état-major Gadi Eizenkot pendant une visite en Cisjordanie, le 6 octobre 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Yaalon a déclaré qu’un tel sentiment était injustifié, et que la décision de critiquer les actions du soldat a constitué une décision commune prise par lui-même, Eizenkot et Netanyahu.

« Pour nous, il était clair qu’afin d’éviter une conflagration sur le terrain [à la suite de la diffusion de la vidéo de l’homicide], nous devions nous exprimer », a-t-il expliqué.

Interrogé sur ce qu’il pensait de la décision du Premier ministre de soutenir ensuite publiquement le soldat, se distançant ainsi d’Eisenkot et Yaalon, l’ancien ministre a haussé les épaules et a fait allusion à la décision faible et basée sur le sondages de Netanyahu. « Je suppose qu’il a dû voir certains sondages », a-t-il déclaré.

Yaalon a déclaré que l’ambiance publique toxique suite au procès d’Azaria était largement due à des politiciens qui ont « lavé le cerveau » à une partie de l’opinion publique afin de faire croire qu’Azaria était la victime d’un tribunal et d’une armée qui était biaisée contre lui.

« Je n’ai pas scellé le destin d’Azaria, a-t-il déclaré. Toute cette histoire est une calomnie scandaleuse. »

L’ancien ministre a souligné qu’aucune personnalité politique ou militaire n’aurait pu orienter le tribunal dans l’affaire d’Azaria, parce que les preuves contre lui étaient accablantes.

Elor Azaria, le soldat israélien qui a tué un terroriste palestinien à Hébron, devant la cour avant la lecture de son verdict, à la Kirya, à Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Elor Azaria, le soldat israélien qui a tué un terroriste palestinien à Hébron, devant la cour avant la lecture de son verdict, à la Kirya, à Tel Aviv, le 4 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Il a regretté le refus de la famille d’Azaria de prendre un avocat militaire qui, a-t-il déclaré, aurait expliqué au soldat, dès le départ, que ses chances de remporter une bataille juridique étaient presque nulles. Azaria, a-t-il déclaré, aurait dû exprimer ses regrets immédiatement et demander la clémence.

Au lieu de cela, a-t-il déclaré, s’adressant directement à la famille, « vous avez été utilisés à des fins politiques, et vous être pris dans le tourbillon politique. Vous recevez des conseils stupides », de différents partis qui y ont intérêt.

Elor, a-t-il déclaré, « doit se présenter et dire ‘j’ai fait une erreur’, exprimer des remords. Cela raccourcira sa souffrance. »