Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a tenté une approche philosophique dimanche, discutant des perspectives pour la paix avec les Palestiniens. Il a exprimé son espoir de voir les pourparlers aboutir à un accord en notant toutefois que « si ce n’était pas le cas, nous nous en sortirions. »

Ces propos ont été prononcés un jour après que John Kerry ait averti des éventuelles conséquences, qui pèseraient sur Israël en cas d’échec des négociations de paix durant la durée initialement prévue.

A la conférence sur la sécurité à Munich, Moshe Yaalon a déclaré que le conflit israélo-palestinien n’était pas une histoire de territoires mais plutôt la cause du refus des Palestiniens de reconnaître Israël comme l’État juif et son droit d’exister en paix après un éventuel accord.

« Les implantations ne sont pas un obstacle pour la paix, » a-t-il dit.        « Elles constituent aujourd’hui moins de 5% des territoires palestiniens. Si nous cherchons la paix – nous co-habitons avec les arabes en Galilée et à Jaffa et à Acre – nous ne rejetons pas ce droit. Pourquoi est-ce que les dirigeants palestiniens insistent pour obtenir le territoire sans présences de résidents juifs ? Si nous devons vivre ensemble, nous pouvons trouver des avantages à vivre l’un avec l’autre. »

Il faisait référence aux violentes réactions palestiniennes quant aux propositions de laisser les colons israéliens dans l’État palestinien dans le cadre d’un futur accord de paix.

« Je soutiens les négociations, je soutiens tout engagement politique, » continue Moshe Yaalon, « mais nous devons nous en tenir à la vérité, ne pas se faire d’illusions et ni se montrer naïfs, quant aux intentions d’Abu Mazen [Mohammed Abbas ndlr]. »

Quand il lui a été demandé si Israël était préparé à se retirer des implantations lointaines et isolées en Cisjordanie, il a répondu : « Je ne sanctifie pas la terre. Mais je ne suis pas prêt à discuter d’un seul centimètre à moins que nous n’obtenions l’approbation de l’Autorité palestinienne… sur le fait que le cadre des négociations inclue la reconnaissance de notre droit d’exister en tant qu’État-nation du peuple juif, qu’il abandonne le droit au retour, et règle nos besoins en sécurité. C’est ce qui est en train d’être discuté. Espérons que nous l’obtiendrons. Si ce n’est pas le cas, nous nous en sortirons. »

Samedi, John Kerry a dit du conflit israélo-palestinien : « Le statu quo d’aujourd’hui […] Je vous promets à 100%, qu’il ne peut pas être maintenu.  Cela ne peut pas tenir sur la durée, c’est illusoire. »

Le ministre de la Défense israélien a critiqué les pressions de John Kerry destinées à accélérer le processus de paix israélo-palestinien.

Le mois dernier, au cours de conversations privées, M. Yaalon s’était énervé sur le secrétaire d’État américain et avait critiqué la façon dont Washington gérait les pourparlers.

Le quotidien israélien Yediot Aharonot a rappelé les critiques du ministre de la Défense envers les arrangements de sécurité proposés par John Kerry dans un plan de paix.

Moshe Yaalon avait dit de la proposition qu’elle ne « [valait] pas le papier sur lequel elle [était] imprimée » et qu’elle ne procurerait pas la sécurité à Israël.

L’article cite également M. Yaalon disant de M. Kerry qu’il est « inexplicablement obsessionnel » et « messianique » dans ses efforts pour amadouer les deux côtés pour arriver à la signature d’un accord de paix.

Le ministre de la Défense aurait apparemment dit que M. Kerry n’a « rien à m’apprendre sur le conflit avec les Palestiniens. La seule chose qui pourrait ‘nous sauver’ serait que John Kerry gagne un Prix Nobel et nous laisse en paix. »

Il a présenté des excuses pour le ton de ses remarques mais n’est pas revenu sur ce qu’il a dit.