Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a juré lundi de mener une lutte déterminée et sans compromis contre le terrorisme juif, un jour après que le gouvernement israélien ait approuvé l’utilisation de la détention administrative et d’autres moyens appropriés pour traquer et détenir des suspects dans l’attaque au cocktail Molotov de vendredi en Cisjordanie dans laquelle a péri le bébé de 18 mois, Ali Saad Dawabsha.
 
Les auteurs présumés de l’attaque de vendredi sont des extrémistes juifs.

Deux maisons dans le village palestinien de Duma, au sud de Naplouse, ont été incendiées, dont celle de Dawabsha et les mots « Vengeance » et « Vive le Roi Messie » ont été peints à la bombe en hébreu sur les murs, à côté d’une étoile de David.

« C’est une bataille pour l’image d’Israël, et nous n’avons pas l’intention de céder dans cette bataille », a déclaré Yaalon.

« Nous avons l’intention de combattre le terrorisme juif avec détermination et sans compromis », a tweeté le ministre de la Défense.

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Le but de la décision du Cabinet était de « limiter les actions des terroristes et de ceux qui sont impliqués dans la terreur, dans les cas où ils sont clairement impliqués mais dans lesquels nous avons des difficultés à les arrêter en raison d’un manque de preuves », a-t-il dit.

Cette mesure drastique, a ajouté Yaalon, sera l’un des moyens par lesquels Israël « ripostera aux terroristes juifs, les traduira en justice et protégera la démocratie israélienne et les citoyens israéliens. »

Lors d’une réunion d’urgence dimanche soir, les ministres ont approuvé l’utilisation de « tous les moyens nécessaires » pour capturer les assassins de l’enfant en bas âge palestinien, qui ont lancé une bombe incendiaire dans la maison des Dawabsha dans les premières heures de vendredi, la brûlant, tuant Ali, et laissant ses parents et son frère lutter pour leurs vies.

Les ministres ont également convenu d’accélérer la législation destinée à lutter contre le terrorisme juif, selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

Un comité ministériel comprenant Yaalon, le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan et la ministre de la Justice Ayelet Shaked a été créé pour superviser d’autres exigences pour assurer des efforts plus efficaces pour réprimer l’extrémisme.

Des officiels sécuritaires cités par le journal télévisé de la Deuxième chaîne israélienne ont averti qu’un groupe d’extrémistes juifs, parfois appelé « la Jeunesse des collines », étaient responsables d’une série de crimes de haine au cours des dernières années, et que ces « rebelles » et « anarchistes » sont décidés à saper l’état de droit en Israël.

Les responsables ont déclaré qu’il y avait eu récemment une baisse du nombre de leurs attaques, mais que les attaques elles-mêmes étaient de plus en plus graves.

Les fonctionnaires ont déclaré qu’ils n’étaient pas entravés par un manque de renseignements mais par un manque d’outils juridiques pour lutter contre les suspects juifs.

A propos des cinq suspects dans l’incendie criminel de juin à l’Eglise de la Multiplication, à Tabgha sur le lac de Tibériade, ils ont rappelé que trois d’entre eux avaient été inculpés, mais qu’ils ne disposent pas des outils juridiques nécessaires pour maintenir les deux autres en détention.

D’autres sources de sécurité ont cependant révélé dimanche au Times of Israel que le service de sécurité du Shin Bet avait eu des difficultés à obtenir des renseignements sur les groupes extrémistes juifs. Un reportage de la Deuxième chaîne a montré vendredi que les enquêtes sur 15 incendies criminels contre des cibles palestiniennes depuis 2008 n’avaient abouti à aucune condamnation.

Un haut fonctionnaire de la Défense a déclaré à la radio israélienne dimanche que traiter avec des suspects de terrorisme juif nécessitait d’utiliser les mêmes méthodes mises en œuvre contre des suspects terroristes palestiniens.

Le responsable a indiqué que les auteurs de l’attaque de vendredi dans le village de Duma en Cisjordanie avaient été sophistiqués dans leurs actions – se deplaçant sans téléphones portables – qui auraient pu être utilisés pour les identifier – et sans laisser de traces lorsqu’ils ont fui la scène.

Des sources de sécurité israéliennes ont déclaré samedi que les deux agresseurs avaient pris la fuite à pied en direction de Shiloh-Est, une implantation à proximité.

Un reportage de la Deuxième chaîne a dit qu’ils étaient soupçonnés de provenir de la zone de l’avant-poste Esh Kodesh, mais pas de l’avant-poste lui-même. Une ordonnance de non-publicatopn a été placée sur l’enquête.

La détention administrative – ou incarcération sans procès – est considérée comme une méthode dure et très controversée, mais est de plus en plus utilisée par les gouvernements du monde entier pour lutter contre la menace de terroriste, quand il n’y a pas assez de preuves contre un suspect pour justifier un procès criminel.

La détention administrative est de nature temporaire, mais peut être renouvelée à plusieurs reprises par le ministre de la Défense.

Marissa Newman contribué à cet article