Dans un des commentaires peut-être les plus ouvertement hostiles faits publiquement par un haut responsable israélien contre la Turquie, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré lundi qu’Istanbul, avec le Qatar, soutenait ouvertement le terrorisme.

Yaalon, parlant à l’Institut international pour la lutte contre le terrorisme à Herzliya, a exprimé son indignation devant le fait que la communauté internationale permette à certains pays de soutenir le terrorisme et que ces pays restent membres à part entière d’organisations internationales respectées telles que l’ONU et, dans le cas de la Turquie, l’OTAN.

« Le centre de commandement des opérations du Hamas à l’étranger se trouve à Istanbul. Saleh al-Arouri est l’homme assis là-bas » a-t-il déclaré, se référant à un dirigeant du Hamas basé dans la capitale turque et qui bénéficie du soutien des autorités locales.

« Où est le monde sur ce sujet ? » a-t-il demandé. « Quand on parle de guerre contre le terrorisme, on doit commencer par savoir si on est prêt à accepter de tels phénomènes – celui de pays qui soutiennent le terrorisme et l’activité terroriste sans le cacher ».

Yaalon a fait savoir que la communauté internationale était tout sauf préparée à faire face à la menace croissante du terrorisme, ajoutant qu’il espérait que les dirigeants du monde voient les actions horribles de l’Etat islamique en Syrie et en Irak comme un appel au réveil pour prendre les mesures qui s’imposent contre les menaces terroristes.

Yaalon a déclaré qu’il croyait que le terrorisme pouvait être complètement éradiqué, mais pour atteindre un tel but, l’ensemble des pays à travers le monde, y compris Israël, devraient s’appuyer sur une coopération étroite, et au niveau opérationnel, sur le renseignement.

« Le système international n’est pas organisé correctement afin de faire face au terrorisme, mais peut-être l’État islamique stimulera-t-il le monde libre pour lutter contre le phénomène » a déclaré le ministre de la Défense.

« En fin de compte, le terrorisme finira par s’abattre aussi sur les pays qui soutiennent le terrorisme » a-t-il poursuivi. « Nous avons besoin de la coopération internationale, et nous sommes prêts à y contribuer ».

Yaalon a poursuivi en critiquant les puissances mondiales qui ont jugé, cet été, les actions d’Israël avec dureté lors de l’opération Bordure protectrice dans la bande de Gaza. Le ministre a estimé qu’il était injuste de blâmer la conduite israélienne et les violations présumées des droits de l’Homme lors de l’opération, alors que le Hamas – le groupe terroriste qui contrôle la bande de Gaza – a utilisé des civils palestiniens comme « boucliers humains » pour protéger ses lance-roquettes et ses caches d’armes.

« Est-ce que c’est de cette façon que le monde libre se prépare pour la campagne contre le terrorisme ? » a demandé Yaalon.

L’AFP a contribué à cet article.