Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a accusé mardi les dirigeants du Hamas à Gaza et la Turquie d’alimenter la violence en Cisjordanie, tout en soulignant que les tensions dans les Territoires ont diminué ces dernières semaines grâce au rôle joué par l’armée israélienne.

Devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset avant la dissolution imminente de la Knesset, le ministre de la Défense a également lancé un avertissement contre la Syrie, deux jours après que Damas a accusé Israël de mener des frappes aériennes pour éviter que des armes ne soient transférées au Hezbollah.

Questionné sur les menaces pour la sécurité d’Israël, Yaalon a averti que le calme en Cisjordanie pourrait facilement se dissiper.

Il parlait moins d’une heure après que les forces de sécurité avaient dit avoir contrecarré une attaque terroriste planifiée dans une implantation située près de Jérusalem.

« En ce moment il y a une certaine diminution du terrorisme et de l’escalade de la violence en Cisjordanie, mais il n’y a aucune garantie que cela dure. Il y a une forte pression venant de l’extérieur, principalement du Hamas, pour raviver [les tensions en] Judée et en Samarie » [Cisjordanie], a-t-il dit.

« Nous continuons à y opérer afin de contrecarrer l’infrastructure de la terreur, qui est principalement utilisée de l’extérieur, qu’il s’agisse de la bande de Gaza ou de la Turquie. »

Le ministre de la Défense a déclaré que les forces de sécurité israéliennes ont travaillé également à mettre fin aux attaques de « loups solitaires » qui, selon lui, sont le produit de l’incitation à la haine.

En abordant la Syrie, Yaalon a déclaré qu’Israël s’attaquait à la menace « avec les lignes rouges que nous nous sommes fixées avec les différentes parties opérant là-bas ».

Dans une déclaration séparée, le ministre de la Défense a mis en garde : « Ceux qui tentent d’armer nos ennemis doivent savoir que nous allons les atteindre en tout lieu, à tout moment, par tout les moyens, pour contrecarrer leurs plans. Nous ne ferons aucun compromis à ce sujet, et nous n’allons pas permettre le franchissement de lignes rouges qui mettent en danger la sécurité d’Israël. »

Les remarques du ministre de la Défense sont venus quelques jours après deux frappes aériennes distinctes sur le sol syrien, qui, selon des médias arabes, avaient ciblé des sites de fabrication de missiles de la défense aérienne russe à destination du groupe terroriste Hezbollah au Liban.

Le gouvernement syrien et l’Iran ont condamné Israël pour les attaques, mais Israël n’a pas commenté.

« Le Moyen-Orient continue de souffrir d’une instabilité chronique, par exemple au Liban avec le Hezbollah, qui est armé, mais découragé », a poursuivi Yaalon.

Les forces israéliennes sont attentifs à la situation à la frontière du Sinaï en raison des groupes islamistes radicaux là [Ansar Beit al-Maqdess], a affirmé Yaalon. Avant d’ajouter : « Le plateau du Golan est actuellement calme, mais ce n’est pas une donnée. »

Dans la bande de Gaza, à la suite du conflit de 50 jours de l’été, les groupes terroristes « sont découragés, mais continuent à s’armer ». Il a pointé les difficultés : « plus de 100 000 personnes ont perdu leurs maisons. »

Le chef de la commission, Zeev Elkin, a ouvert la réunion en exprimant son inquiétude sur le budget alloué à la Défense.

Elkin a salué le surplus de dernière minute de 3,6 milliards de shekels destiné au budget de la Défense lundi, mais a dit que des sommes plus importantes sont nécessaires pour couvrir les coûts de la guerre de l’été.

« Il est important de se rappeler que, en plus de ce qui a été approuvé hier, la mise en oeuvre de la défense nécessite au moins un autre milliard de shekels cette année pour revenir à son état [financier] d’avant le lancement de l’opération de Bordure protectrice », a-t-il dit. « En outre, nous sommes très préoccupés par le budget de la Défense pour l’année prochaine. »

Elkin a déclaré que la dissolution de la Knesset ralentirait une instruction du conflit de l’été par la commission.Il a affirmé, que dans le cas où il ne pourrait pas terminer le rapport à temps, « il est important que ceux qui viendront après nous terminent de sorte que nous pouvons tirer de très importantes leçons de l’opération ».