Les puissances mondiales devraient chercher un meilleur accord avec Téhéran sur le programme nucléaire controversé, un accord mettant fin à l’agression iranienne dans la région, a écrit le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, dans une tribune au Washington Post, mercredi.

Yaalon, ancien chef de l’armée, a également critiqué les échecs du renseignement qui n’a pas détecté deux sites nucléaires iraniens clés.

Il a également riposté aux critiques ayant déclaré que la position d’Israël sur l’accord comptait parmi les belliqueuses.

« Le choix n’est pas entre un mauvais accord et une guerre », a déclaré Yaalon.

« L’alternative se situe entre un meilleur accord qui bloque sensiblement l’infrastructure nucléaire de l’Iran et conditionne la levée des restrictions à son programme nucléaire à la fin de l’agression de l’Iran dans la région, son terrorisme à travers le monde et sa menace de détruire Israël », a-t-il souligné.

« Cette alternative ne demande ni la guerre ni de placer notre foi dans des outils qui nous ont déjà fait défaut », a-t-il ajouté.

Dans un entretien de lundi avec NPR, le président Barack Obama a semblé laissé entendre que la République islamique serait capable d’obtenir une arme atomique presque immédiatement à la fin de la mise en vigueur de l’accord de Lausanne, soit d’ici 13 ans, même en suivant l’accord sous sa forme actuelle à la lettre. Des officiels du Département d’Etat ont tenté de revenir mardi, assez maladroitement, sur ces commentaires.

Yaalon a fait écho aux préoccupations ostensibles d’Obama, et a noté que de futures pénalités imposées à l’Iran seraient inefficaces une fois que les sanctions économiques auraient été levées.

« Israël a clairement formulé ses graves préoccupations sur des éléments fondamentaux de l’accord et des omissions. La vaste infrastructure laissée en Iran lui donnera un délai de manœuvre inacceptable pour construire une bombe », a-t-il écrit.

« [Les sanctions sur Téhéran] ont mis des années à être mises en place et plus longtemps encore à devenir efficaces. Une fois levées, elles ne peuvent pas être restaurées après de futures violations iraniennes, a-t-il déclaré. Il est illusoire de croire que les sanctions peuvent être remises en place et devenir efficaces dans le délai aussi court fourni par les termes de l’accord cadre. »

Yaalon a aussi rejeté les critiques qui affirment qu’une position durcie contre l’Iran pourrait encourager une plus grande agressivité ou même entraîner les Etats-Unis ou Israël dans une guerre.

« Déclarer que l’unique alternative à l’accord-cadre est la guerre ne correspond pas à la réalité », explique Yaalon.

« Cela obscurcit à la fois la possibilité d’obtenir des meilleurs termes pour l’Iran et étouffe un débat honnête et ouvert en suggérant que si vous n’êtes pas d’accord, vous êtes belliqueux. Cela nourrit et reflète la calomnie selon laquelle Israël est particulièrement un agitateur de guerre », souligne-t-il.

Les six puissances mondiales, connues comme P5+1, ont jusqu’au 30 juin pour parvenir à un accord final avec l’Iran.