Dans une attaque contre le ministère des Finances, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a annoncé mercredi que l’armée va réduire ses exercices d’entraînement à cause de restrictions budgétaires.

Yaalon décrit la situation financière de la Défense comme étant en « crise » et a critiqué la conduite du ministre des Finances qui fait des distinctions entre les demandes de fonds.

« Nous sommes en crise, c’est un coup fatal pour notre entraînement », a-t-il dit à la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset.

« Nous allons devoir diminuer les entraînements aériens, sur mer, et sur terre, et à terme, la préparation, la promptitude et la compétence vont décroître. »

« Dès le début du mois prochain nous entrerons dans une période difficile. C’est un coup dur pour la compétence de nos combattants habituels, sans parler de nos soldats en réserve, » explique-t-il.

La situation financière ne fait pas que du mal à l’armée, mais a des ramifications pour ses fournisseurs aussi, argumente-il.

« Le tableau est sombre depuis tous les angles » analyse Yaalon. « S’il n’y a pas de nouvelles commandes des industries du secteur de la Défense, il y aura des licenciements, et les compagnies qui leur sont liées seront touchées, même si on s’accroche [à eux] par tous les moyens. »

Yaalon se plaint du fait que le ministère de la Défense soit soumis à une surveillance accrue et à de nouvelles taxes.

« Pourquoi doit-on payer des taxes sur le pétrole que nous utilisons pour les tanks, et les avions, et les lance-missiles, alors que les transports publics en sont exempts ? » s’interroge-t-il.

« Il nous impose un impôt local sur les bases de l’armée et les équipements qui augmentent chaque année. On paie 700 millions de shekel aujourd’hui, et nous faisons face à des recours en justice qui peuvent nous coûter jusqu’à 1,5 milliard de shekel ».

L’armée a déjà pris les mesures pour faire face à la coupe budgétaire de 3 milliards (environ 870 millions) cette année, explique-t-il.

Au sujet du ministère des Finances, Yaalon maintient que « discuter du budget de la Défense est inapproprié ».
« J’ai appelé ça une fois un bazar turc. Ce n’est pas une discussion sérieuse. La trésorerie doit s’en tenir aux lois et aux décisions du gouvernement, » insiste-t-il.

Une déclaration du ministère des Finances explique que « le budget de la Défense a été approuvé par le gouvernement entier, le ministre de la Défense inclus qui a participé au vote. »

« C’est dommage que le ministère de la Défense a recours à des intimidations et à des menaces contre les citoyens de l’Etat au lieu de régler les problèmes structurels essentiels de la Défense, un processus qui pourrait retourner le budget en leur faveur pour les entraînements et les équipements », continue-t-il.

Au mois de mai dernier, le gouvernement a fixé le budget de l’armée à 51 milliards de shekels (14,5 milliards de dollars).

Les militaires ont perdu 3 milliards par rapport au budget 2012, mais argumente-t-on les coupes s’élèveront à une hauteur de 7,4 milliards (2,1 milliards de dollars) dus à des facteurs dépassant le contrôle de l’armée, comme le coût élevé de l’électricité et des impôts, les paiements pour les soldats blessés et les allocations supplémentaires des carrières des soldats qui augmentent à cause de l’augmentation de l’âge de la retraite.

Alors que l’armée explique qu’il a fait sa part pour s’en tenir au budget, en diminuant sa force de travail, en juin, mettant un terme à l’activité opérationnelle des réservistes jusqu’à la fin de l’année.

Le conflit entre les ministères de la Défense et des Finances sur le budget 2014 semblait avoir été résolu fin octobre quand le cabinet de la sécurité avait approuvé une rallonge de 2,75 milliards de shekels (780 millions de dollars) pour la Défense.

Le cabinet avait pris la décision de façon unanime, le bureau du Premier ministre avait précisé dans une déclaration que l’argent pour l’augmentation du budget viendrait d’un surplus budgétaire.

L’armée espérait obtenir une augmentation de 4,5 milliards de shekels (1,28 milliard de dollars).