Le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré mardi que le Hamas disposait de deux centres de commandement, l’un dans la bande de Gaza, dirigé par le groupe islamiste depuis 2007, et l’autre en Turquie.

« La Turquie joue un jeu cynique, » a déclaré Yaalon à Washington lors d’une réunion avec son homologue américain Chuck Hagel, selon la radio militaire, une réunion qui a porté sur l’Iran, les conflits en Irak et en Syrie et le partenariat de défense États-Unis-Israël. Yaalon a effectué une visite de 5 jours aux États-Unis.

Le ministre de la Défense a déclaré que le représentant du Hamas en Turquie, Saleh al-Arouri, a monté des opérations terroristes contre les Israéliens et supervisé une tentative de coup d’Etat cet été en Cisjordanie contre Mahmoud Abbas.

En août, Arouri a été vu dans un enregistrement où il admettait que le Hamas était derrière l’enlèvement des trois adolescents.

On l’entend sur la vidéo dire qu’il « bénit l’action héroïque » qui a été « effectuée par les Brigades al-Qassam », la branche armée du Hamas. Cette action, « l’enlèvement à Hébron des trois colons, » était une « opération dont on parle de loin » a ajouté Arouri.

Le Hamas a officiellement nié toute implication mais a longtemps appelé à l’enlèvement d’Israéliens comme monnaie d’échange pour ses membres incarcérés dans les prisons israéliennes.

L’enlèvement a déclenché une opération de recherche massive et une répression contre le Hamas en Cisjordanie, avec des centaines de ses membres arrêtés, ce qui a finalement conduit à l’opération Bordure protectrice.

Toujours en août, Israël a révélé que le service de sécurité du Shin Bet avait déjoué une tentative de coup d’Etat du Hamas en Cisjordanie visant à renverser Abbas et à commencer un nouveau cycle de violence.

Le Shin Bet a déclaré que le complot a été orchestré par Arouri, qui bénéficie de l’appui des responsables locaux sur place, et comprenait des cellules terroristes mises en place dans des dizaines de villes et villages palestiniens de Cisjordanie – y compris à l’intérieur et autour de Jénine, Naplouse, Jérusalem-Est, Ramallah, et Hébron.

Le parti au pouvoir AKP en Turquie entretient des relations étroites avec le Hamas depuis sa naissance en 2001.

Ankara, dirigée par le Premier ministre Ahmet Davutoglu, et le président Recep Tayyip Erdogan, a promis 200 millions de dollars pour la reconstruction de Gaza après la guerre de l’été dernier.

Les liens d’Israël avec la Turquie se sont tendus depuis l’opération Plomb durci en 2008-2009. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a alors fustigé le président Shimon Peres lors du Forum économique de Davos, en lui disant : « Quand il s’agit de tuer, vous savez très bien comment tuer. Je sais bien comment vous frappez et tuez les enfants sur les plages ».

Les relations entre les deux pays se sont encore dégradées en mai 2010 quand la flottille Mavi Marmara a été arraisonnée par des commandos israéliens alors qu’elle tentait de briser le blocus naval de la bande de Gaza. Dans la mêlée qui a suivi, après que les soldats israéliens aient été attaqués avec des barres de fer et des battes en bois, les troupes ont ouvert le feu ; 9 militants turcs ont alors été tués et 10 soldats israéliens blessés.

Les relations turco-israéliennes n’ont pas encore récupéré et elles continuent d’être très fragiles, avec des responsables turcs proférant souvent des critiques acerbes contre Israël.

En août, Erdogan a accusé Israël d’être « plus barbare qu’Hitler » lors de la campagne militaire, qui avait été lancée le 8 juillet, et qui visait à stopper les tirs de roquettes sur les villes israéliennes et à détruire les tunnels, creusés sous la frontière par le Hamas, et utilisés par les terroristes pour s’infiltrer en Israël et mener des attaques meurtrières.

L’AFP a contribué à cet article.