Le ministre de la Défense Moshe Yaalon, a déclaré lundi que l’accord- cadre avec l’Iran était pour Israël « une question existentielle » et une « erreur historique » ; il a blâmé l’Occident de ne pas avoir abordé l’implication de Téhéran dans le financement des conflits au Moyen-Orient.

« Ce n’est pas que nous ne croyions pas la Maison-Blanche, a dit le ministre de la Défense dans une interview sur la Deuxième chaîne « Nous ne croyons pas les Iraniens. »

Interrogé sur la question de savoir si Israël avait été abandonné seul face à l’Iran et s’il était donc temps pour une intervention militaire, Yaalon a répondu : « Nous n’en sommes pas encore là … mais c’est un mauvais accord. »

Même si Israël doit être prêt, « le moment n’est pas venu de discuter d’une attaque éventuelle », a déclaré Yaalon, en ajoutant qu’il était « encore temps d’améliorer ce mauvais accord », éventuellement grâce au Congrès.

A la question de savoir si Israël aurait qualifié de mauvais tout accord, Yaalon a répondu par la négative. Un accord qui aurait laissé l’Iran sans centrifugeuses, et qui se serait assuré de la fermeture de l’usine d’enrichissement de Fordo, n’aurait pas été mauvais, a-t-il affirmé, en demandant : « Pourquoi se réconcilier avec un Iran » qui a de telles capacités ?

« Au moment où ils [les pays du 5 + 1 ] parlaient du nombre de centrifugeuses, l’Iran a pris le contrôle du Yémen … Il est présent sur le plateau du Golan, auprès du Hezbollah … Toutes ces choses n’ont pas été mentionnées dans les négociations », s’est plaint Yaalon.

Le ministre de la Défense a déclaré sur la Deuxième chaîne que Jérusalem et Washington sont fortement en désaccord sur le risque que l’accord représente pour la survie d’Israël, mais il a déclaré que les liens sécuritaires entre les deux alliés restent solides et que les États-Unis sont conscients de la critique israélienne sur l’accord.

« Il y a évidemment ici une menace pour l’Etat d’Israël, a-t-il poursuivi, et au lieu de bloquer [l’Iran], ils [les Etats-Unis] pavent sa route vers la bombe, et blanchissent rétroactivement toutes ses violations de traités internationaux. »

Il estime que « les relations sécuritaires [avec les Etats-Unis] sont vraiment très bonnes » malgré la « différence profonde d’opinion » entre Israël et la Maison Blanche sur l’assouplissement des sanctions dans le cadre de l’accord-cadre.

Yaalon a insisté sur le fait que, malgré le désaccord public du Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président Barack Obama sur le dossier iranien, les Etats-Unis « nous écoutent attentivement et les canaux sont ouverts ».

Interrogé à nouveau sur la question de savoir si la coopération en matière de défense a souffert en raison des divergences d’opinions entre les deux leaders, Yaalon a répondu catégoriquement : « Certainement pas, certainement pas. »

Yaalon a déclaré que l’Etat juif n’avait « pas encore épuisé » toutes les options en ce qui concerne ses efforts pour prévenir l’accord dans sa forme actuelle.

L’accord final, a-t-il dit, « n’a pas encore été écrit ni signé, et il y a de nombreux trous. Il est du devoir du Premier ministre de les porter à la surface, comme d’ailleurs il le fait ».

Yaaalon a également refuté les accusations qu’Israël serait paranoïaque à propos de l’accord, soulignant les préoccupations soulevées par d’autres Etats du Moyen-Orient.

« Je vous propose d’écouter les pays arabes, ce qu’ils disent à huis clos, pas dans les médias, a lancé le ministre de la Défense. Nous assistons à une situation nouvelle avec un ennemi commun et des intérêts communs. »

Les propos du ministre de la Défense font référence à une déclaration faite par le gouvernement saoudien se félicitant de l’accord.

Yaalon a noté qu’en dépit des ouvertures américaines et des aspirations de l’Iran à devenir une puissance au Moyen-Orient, la République islamique ne s’ouvrira pas à l’Occident.

« Vous ne verrez pas l’ouverture d’un McDonald’s à Téhéran. Le slogan ‘Mort à l’Amérique’ a été scandé en Iran bien que le président Obama a récemment adressé ses voeux pour le Norouz. »