Le Général de division (de réserve) Amos Yadlin, le plus récent ajout à la liste de Camp sioniste de gauche dirigé par le chef du parti travailliste Isaac Herzog a présenté, lundi soir, sa profession de foi en matière de défense dans sa première interview avec les médias en tant qu’homme politique.

L’ancien pilote de chasse et chef du renseignement militaire a confié lundi à la Deuxième chaîne que la politique n’était « pas une obsession » pour lui, mais qu’il croyait qu’Israël était dirigé de façon « troublante » et devait s’engager « sur une nouvelle voie ».

Il a ajouté qu’il était le candidat du Camp sioniste pour le poste de ministre de la Défense.

La présentatrice de la Deuxième chaîne Yonit Levy a demandé à Yadlin s’il estimait que la n°2 du Camp sioniste, la chef du parti Hatnua, Tzipi Livni, avait les qualités pour être ministre de la Défense.

« Elle les a, a-t-il répondu, mais la question est de savoir si elle le veut. Les points forts de Livni sont la politique étrangère, les pourparlers de paix. Le travail du ministre de la Défense est de fournir le support de sécurité pour le processus de paix. »

Il a promis qu’aucun arrangement diplomatique ne serait négocié « qui ne permette pas d’assurer la sécurité ».

Contredisant les précédentes informations selon lesquelles il aurait été nommé à la 11è place sur la liste travailliste – une place réservée à une personne choisie par Herzog – Yadlin a déclaré que sa place exacte était encore incertaine.

Il peut figurer sur la liste travailliste, ou bien concourir « dans une sorte de situation norvégienne » – dans laquelle il peut être ministre de la Défense dans un gouvernement dirigé par Herzog sans avoir à siéger à la Knesset.

La politique n’est « pas une obsession » pour lui, a-t-il affirmé en reprenant une célèbre citation du défunt leader travailliste Yitzhak Rabin.

Plus tôt dans la soirée de lundi, Herzog et Livni ont tenu une conférence de presse à Tel-Aviv annonçant que Yadlin avait rejoint leur liste. Herzog a salué les l’expérience de Yadlin, ancien chef du renseignement, en matière de sécurité nationale.

« Yadlin est parmi les capitaines les plus influents du système de défense de ces dernières décennies, depuis la guerre de Kippour jusqu’à sa participation à l’escadron qui a bombardé le réacteur [nucléaire] en Irak, et des décennies de service dans l’armée israélienne. »

« Amos s’est avéré être un guerrier audacieux, courageux et responsable, qui combine l’initiative avec la sagesse diplomatique. J’ai eu le privilège avec Livni de le voir en action à la tête du renseignement militaire dans les réunions les plus sensibles au cours des dernières années », a ajouté Herzog.

Herzog est le fils de l’ancien Général de division israélien et sixième président d’Israël Haïm Herzog.

Yadlin vient aussi d’une famille de politiques et de militaires. Son père est l’ancien ministre de l’Éducation et lauréat du Prix d’Israël Aharon Yadlin. Il est le neveu d’Uzi Narkis, qui commandait la conquête de Jérusalem et la Cisjordanie lors de la guerre des Six Jours, et le petit-fils de David Hacohen, un leader du Mapai, l’ancêtre du parti travailliste, de la fondation d’Israël jusqu’à 1969.

Herzog a évoqué lundi cet héritage commun. « En tant que fils d’un ministre de l’Éducation, Yadlin partage l’opinion qu’il n’y a pas de société saine sans sécurité, et inversement », a-t-il dit.

Yadlin est « profondément familier avec les défis de la sécurité [d’Israël], en particulier en ces jours de convulsions régionales… Amos est notre candidat pour le ministère de la Défense », a-t-il conclu.

Yadlin est très respecté en tant qu’ancien général de l’armée de l’air et chef de renseignements de l’armée. Il est directeur de l’Institut des Etudes pour la Sécurité nationale de l’Université de Tel-Aviv depuis 2011.

Il était l’un des huit pilotes à avoir participé au bombardement du réacteur nucléaire irakien d’Osirak en 1981.

Herzog a choisi Yadlin plutôt que Shaul Mofaz, le chef de Kadima et ancien chef de l’armée et ministre de la Défense. Mofaz a annoncé lundi après-midi qu’il retirait sa candidature.

Des changements ont aussi été annoncés dans la liste du Likud. Le comité des élections du parti a annoncé que son recompte des votes problématiques impliquait que l’assistante du ministre des Transports, Tzipi Hotovely, montait d’une place, passant devant l’ancien chef du Shin Bet, Avi Dichter, de seulement 32 voix.

L’annonce place Hotovely à la 20è place de la liste pour la Knessset, et renvoie Dichter à la 26è place, puisque les places de 21 à 25 sont réservées aux candidats régionaux.

Le Likud étant crédité de 23 sièges dans les récents sondages, Dichter pourrait bien se retrouver éjecté de la Knesset.

Dichter a annoncé qu’il contesterait le recompte au tribunal, tandis que certains dans le parti appellent le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est considéré un proche allié de Dichter, à le nommer à l’une des deux places réservées à la nomination du chef du parti.

Stuart Winer a contribué à cet article.