L’ancien vice-chef d’état-major de l’armée israélienne a déclaré qu’Israël aurait besoin de l’armée américaine pour affronter l’Iran en cas d’hostilités.

Pendant un discours prononcé jeudi devant l’Institut de Washington pour la politique proche-orientale, le général de division Yair Golan a déclaré que les groupes jihadistes régionaux que l’armée israélienne peut contrôler ne posent pas le même niveau de menace que l’Iran.

« Nous vivons dans un monde où nous ne pouvons pas agir seuls, tout simplement parce que nous n’avons pas de forces expéditionnaires en Israël », a dit Golan pendant son discours en anglais.

« Et même si nous pouvons parvenir à une victoire décisive sur le Hezbollah […], et même si nous pouvons vaincre n’importe quelle milice chiite en Syrie, […] nous ne pouvons pas battre l’Iran seuls », a-t-il dit.

Israël a récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’activité accrue du groupe terroriste libanais du Hezbollah, un intermédiaire de l’Iran, et des milices et des combattants envoyés par Téhéran à la frontière d’Israël avec la Syrie.

Yair Golan, alors vice-chef d'état-major, en août 2015. (Crédit : Gefen Reznik/unité des porte-paroles de l'armée israélienne)

Yair Golan, alors vice-chef d’état-major, en août 2015. (Crédit : Gefen Reznik/unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

« Donc oui, ils peuvent nous toucher, nous pouvons les toucher, a dit Golan. Mais ce n’est qu’une question d’usure […]. Si vous voulez gagner quelque chose de plus profond, nous ne pouvons pas le faire seuls. Et c’est un fait. »

« Il vaut mieux l’admettre. Nous devons connaître nos limites », a-t-il ajouté.

Golan n’a pas précisé à quel type d’opération militaire il faisait référence, mais Israël aurait déjà envisagé de frapper les installations nucléaires de l’Iran, une idée dont des responsables américains et israéliens ont dit qu’elle nécessiterait qu’Israël soit aidé pour que les frappes soient efficaces.

Quelques heures avant le discours de Golan, une frappe attribuée à Israël a touché une base militaire syrienne, ce que beaucoup ont vu comme un message adressé à l’Iran, à la Russie et d’autres pays présents en Syrie, qu’Israël était prêt à agir pour protéger ses intérêts.

La semaine dernière, le chef d’état-major iranien, Mohammad Hossein Bagheri, a prévenu que toute attaque contre l’Iran entraînerait une importante déflagration régionale.

« Si [les ennemis de l’Iran] décident de lancer une guerre, ils ne décideront certainement pas du moment et de l’endroit où elle se terminera », a-t-il dit, selon l’agence de presse Fars.

Bagheri a ajouté que les adversaires de la République islamique étaient dissuadés par les capacités militaires iraniennes, et avaient peur d’envoyer des troupes au sol en Iran de crainte d’un bilan élevé.

L’article ne précisait pas de quels pays ayant des relations hostiles avec l’Iran parlait le général iranien, mais ces menaces sont généralement adressées à Israël et aux Etats-Unis.

Réacteur de la centrale nucléaire de Bushehr, dans le sud de l'Iran, le 21 août 2010. (Crédit : Iran International Photo Agency/Getty Images via JTA)

Réacteur de la centrale nucléaire de Bushehr, dans le sud de l’Iran, le 21 août 2010. (Crédit : Iran International Photo Agency/Getty Images via JTA)

En août, l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) des Nations unies a indiqué que l’Iran respectait toujours l’accord nucléaire de 2015, mais a rejeté l’affirmation de l’Iran, qui indiquait que ses sites militaires n’étaient pas ouverts à l’inspection, précisant que l’agence devait avoir accès à tous les « lieux pertinents » en cas de suspicions d’activités nucléaires secrètes.

Golan a quitté l’armée israélienne en mai dernier, après 37 ans de carrière, pour poursuivre des « études académiques », avait indiqué Tsahal. Il a été le numéro deux du chef d’état-major Gadi Eizenkot pendant les trois dernières années de sa carrière.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.