L’Arabie saoudite et ses alliés arabes ne cesseront pas leurs frappes aériennes au Yémen contre les rebelles chiites Houthis tant qu’ils n’auront pas atteint leurs objectifs, a indiqué mercredi l’ambassadeur saoudien à Washington.

« Cette opération continuera jusqu’à ce que les objectifs soient atteints. Il ne peut y avoir de demi-mesures », a affirmé l’ambassadeur, Adel Al-Joubeir, lors d’une conférence de presse à l’ambassade.

Le diplomate a estimé que la campagne de bombardements lancée il y a trois semaines réussissait « au delà » même des attentes des pays membres de la coalition.

« Nous commençons aussi à voir des fissures » dans le commandement des rebelles, « des commandants repassent dans l’armée régulière », a-t-il dit.

Les comités de défense yéménites soutenus par la coalition « ont eu de plus en plus de succès au fur et à mesure qu’ils recevaient des livraisons d’armes », a-t-il souligné.

Le diplomate avait lui-même annoncé, depuis Washington, le lancement de la campagne aérienne du royaume, allié à d’autres pays arabes sunnites, contre les Houthis. Ces rebelles chiites sont soutenus par l’Iran, le grand rival de l’Arabie saoudite dans la région.

Interrogé sur les pertes civiles lors des bombardements aériens, l’ambassadeur a affirmé que la coalition « faisait attention à viser des cibles militaires et à minimiser les dommages civils ».

Selon l’ONU, plus de 730 civils ont été tués au Yémen depuis le début de l’escalade du conflit.

Selon l’ambassadeur saoudien, l’Iran n’a pas pu livrer d’armes aux rebelles chiites depuis le début des frappes. L’Arabie saoudite et ses alliés, auxquels les Etats-Unis fournissent un soutien logistique, ont le contrôle de l’air et inspectent les navires se rendant au Yémen, a-t-il expliqué.

La coalition de dix pays a été renforcée diplomatiquement par l’adoption mardi par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution imposant un embargo sur les armes destinées aux rebelles Houthis.

Le texte les somme également de se retirer des régions qu’ils ont conquises depuis septembre 2014, y compris la capitale Sanaa.