Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé lundi « une entreprise de déstabilisation » de l’Iran au Yemen et affiché son soutien à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite face aux rebelles chiites Houthis.

« A l’initiative de l’Arabie Saoudite, des Etats de la région ont souhaité unir leurs forces pour mettre un coup d’arrêt à l’entreprise de déstabilisation, soutenue depuis l’étranger, dont le gouvernement légitime du président (Abd Rabbo Mansour) Hadi a été victime », a déclaré M. Le Drian lors d’une intervention à la résidence de l’ambassadeur de France à Beyrouth.

« La France ne transigera jamais avec ceux qui veulent une fois encore détruire les institutions légitimes d’un Etat pour accroître leur influence et réaliser le rêve d’une puissance régionale hégémonique », a-t-il ajouté en marge d’une visite marquant le début des livraisons d’armes françaises au Liban grâce à un don saoudien de trois milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

M. Le Drian a souligné devant des journalistes qu’il faisait allusion à l’Iran. « J’ai mis en garde contre des volontés hégémoniques sur le Yemen, un peu sur ici aussi », a-t-il dit dans une allusion à l’influence de Téhéran sur le puissant mouvement chiite libanais Hezbollah.

« Même si nous n’intervenons pas directement, nous nous tenons aux côtés de ceux qui agissent pour rétablir la stabilité dans ce pays (Yemen, ndlr) », a ajouté le ministre français.

Sans vouloir se prononcer sur la nature de ce soutien, notamment en matière de renseignement, il a noté que la France avait « amené un certain nombre d’éléments d’observation » à l’Arabie saoudite.

Depuis le début le 26 mars de l’intervention militaire de la coalition arabe dirigée par Ryad contre une rébellion chiite liée à Téhéran, des centaines de personnes ont éré tuées au Yemen, lors de frappes aériennes notamment.

L’Iran reconnaît apporter un appui aux Houthis mais nie leur fournir des armes.

Evoquant l’accord-cadre sur le nucléaire iranien conclu le 2 avril à Genève, M. Le Drian a relevé que des « principes » avaient été posés. « Mais la conclusion n’a pas encore eu lieu.

Il faudra que l’Iran accepte les mesures techniques qui sont induites par cet accord et accepte aussi l’agenda des sanctions et des contrôles », a-t-il dit en renvoyant à la prochaine date butoir du 30 juin pour un accord final.