Le parti ultra-nationaliste israélien a été autorisé mercredi à distribuer gratuitement le numéro de Charlie Hebdo avec le prophète Mahomet en couverture, dans le cadre de sa campagne électorale.

La Cour suprême, plus haute instance judiciaire israélienne, a annulé une décision de la commission centrale des élections interdisant la distribution de Charlie Hebdo par des militants d’Israël Beiteinou, le parti du chef de la diplomatie israélienne Avigdor Liberman.

« Dans le cadre de la propagande électorale, les plaignants ont le droit de distribuer le numéro spécial du magazine français Charlie Hebdo auprès des électeurs », a statué la Cour suprême. « Il s’agit d’une propagande électorale légitime ».

Des élections législatives auront lieu le 17 mars en Israël.

Début février, la commission électorale s’était opposée à ce que Liberman et son parti mettent à exécution leur projet annoncé de distribuer le magazine français au nom de la liberté d’expression.

La commission avait affirmé que la distribution de cadeaux dans un lieu public était interdit aux partis pendant la campagne.

Yisrael Beitenu avait contourné l’interdiction en permettant aux passants de consulter le journal satirique sur le boulevard Rothschild, un axe très fréquenté de Tel Aviv, sur un stand où des militants avaient la bouche symboliquement bâillonnée.

Ce numéro de Charlie Hebdo, sorti quelques jours après l’attaque contre le journal qui a coûté la vie à 12 personnes à Paris le 7 janvier et diffusé à 8 millions d’exemplaires, n’est disponible dans aucun point de vente en Israël.

Après avoir annoncé qu’elle allait le distribuer, la chaîne de librairies Steimatzky a renoncé à le mettre en rayons et l’a proposé à la vente sur Internet.

La couverture, un dessin du prophète Mahomet sous le message « Tout est pardonné », avait suscité l’émoi parmi les Arabes israéliens, très majoritairement musulmans et qui représentent un Israélien sur cinq.

Un parlementaire arabe israélien, Massoud Ganaim, avait interpellé Steimatzky et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, prévenant que distribuer Charlie Hebdo en Israël était « un acte dangereux et stupide ».

« Il ne s’agit pas ici de liberté d’expression mais de s’attaquer au saint des saints des musulmans », avait-il dit.