Un responsable de la défense israélienne a ridiculisé le Hamas ce lundi, au sujet de sa relation avec l’Iran. Il a qualifié le groupe terroriste d’ « esclave » de la république islamique chiite, et l’a accusé de vendre les sunnites de Gaza en échange du soutien de Téhéran.

Samedi, une délégation de haut-rang du Hamas s’est rendue en Iran pour la seconde fois en deux ans, afin d’assister à l’enterrement du père de Qassim Suleimani, commandant de la force Al-Qods du corps des Gardiens de la Révolution. Parmi cette délégation, se trouvaient Saleh al-Arouri, vice-président du bureau politique du Hamas, et Ezzat al-Rishq, cadre du mouvement terroriste.

Le général Yoav Mordechai, coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires (COGAT), la branche du ministère de la Défense qui fait le lien avec l’Autorité palestinienne sur les affaires civiles et sécuritaires, a invoqué la politique du sectarisme pour critiquer la visite de la délégation du Hamas en Iran, sur sa page Facebook en arabe.

Le général Yoav Mordechai, coordinateur de l’armée israélienne des activités gouvernementales dans les Territoires, en juillet 2013. (Crédit : capture d’écran YouTube/IDFSpox1)

« Le Hamas vend les résidents sunnites de Gaza en échange de devises perses », a écrit Mordechai, évoquant le conflit intra-musulman sunnite-chiite qui ravage le Moyen Orient. L’Iran est considéré comme le moteur chiite de la région, tandis que les Palestiniens sont en majorité sunnites.

Ces derniers mois, le Hamas a publiquement vanté ses liens avec l’Iran, et la république islamique, a, de son côté, intensifié son soutien militaire à destination du groupe terroriste gazaoui.

Le chef du Hamas Yahya Sinwar a déclaré que l’Iran est déjà le plus grand soutien militaire du groupe.

« Saleh al-Arouri, un responsable du mouvement secret de conspiration iranien qu’est le Hamas, a porté le deuil du père de Suleimani », a écrit Mordechai.

Le cadre du Hamas Saleh al-Arouri, deuxième à droite, rencontre le responsable iranien Hossein Amir Abdollahian, à droite, et d’autres hautes personnalités du Hamas au Liban, le 1er août 2017 (Autorisation)

Mordechai a indiqué que la délégation du Hamas était venue en Iran pour « prendre des ordres » de « l’état juriste religieux », utilisant le terme employé pour décrire le caractère théocratique du gouvernement iranien.

« Le Hamas terroriste ne cache pas le fait qu’il est devenu un double du Hezbollah à Gaza, mais en est fier », a-t-il ajouté. Le Hezbollah est un groupe terroriste chiite libanais financé et contrôlé par l’Iran.

Le 1er novemvre, Arouri, qui réside au Liban, a exceptionnellement reçu Hassan Nasrallah pour discuter de leur « résistance » conjointe contre Israël.

La publication Facebook de Mordechai était accompagnée d’une caricature qui mettait en scène le guide suprême iranien Ali Khamenei, ordonnant à son « esclave » Arouri de venir le voir instamment.

La page Facebook de Mordechai, qui compte près d’un demi-million de likes et de followers, est devenu un outil puissant pour le COGAT. Il s’en sert pour adresser des informations bureaucratiques directes à l’intention des Palestiniens, comme les demandes de visas de voyages ou de travail. Parallèlement, cette page est utilisée pour communiquer des messages de l’armée israélienne contre le Hamas et parfois l’AP.

Il y a quelques semaines, le Hamas a signé un accord de partage de pouvoir avec le Fatah, parti de l’AP. Depuis, Israël a intensifié ses efforts pour mettre en évidence les liens entre le Hamas et la république islamique, et son refus à déposer les armes et à reconnaître Israël.