La vie s’est figée en Israël dans les rues, au travail, dans les écoles, pendant deux minutes lundi à 10H00 (07H00 GMT), au son lugubre des sirènes, en mémoire des six millions de victimes juives du nazisme lors de la journée de la Shoah.

Les automobilistes, le tramway à Jérusalem, les autobus, les piétons se sont arrêtés dans les rues pour se recueillir.

Toutes les chaînes de radio et de télévision israéliennes diffusaient depuis dimanche soir des témoignages, des documentaires et des films sur le génocide nazi.

Cette année, les cérémonies sont principalement consacrées au souvenir de plus de 400 000 juifs de Hongrie massacrés en 1944.

Quelque 190 000 rescapés de la Shoah vivent en Israël, selon des chiffres des organisations de survivants des camps de la mort. Sur ce total, 50 000 d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, selon les statistiques officielles. Le gouvernement a annoncé ces derniers jours avoir débloqué un milliard de shekels (285 millions de dollars) en faveur des survivants les plus démunis.

En ouvrant les cérémonies dimanche soir au mémorial de la Shoah, Yad Vachem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une nouvelle fois mis en garde contre un Iran doté de l’arme nucléaire.

« L’Iran appelle à notre destruction, construit des bunkers sous-terrains pour enrichir l’uranium, produit de l’eau lourde pour le plutonium, se dote de missiles intercontinentaux susceptibles d’être armés de têtes nucléaires, ce qui menace le monde entier », a affirmé M. Netanyahu dans son discours.

Il a prévenu, qu’un accord entre les grandes puissances et l’Iran qui permettrait à ce pays « de rester au seuil nucléaire mènerait le monde entier au bord du gouffre » tout en exprimant l’espoir que le monde ne « cèdera pas une nouvelle fois au désir d’éviter une confrontation à tout prix », avec Téhéran.

Bien que l’Iran assure que son programme nucléaire n’a que des visées civiles, les pays occidentaux et Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région, soupçonnent Téhéran de dissimuler un volet militaire.

Au cours de la cérémonie, le président Shimon Peres a pour sa part lancé une mise en garde contre les partis d’extrême-droite en Europe : « Nous ne pouvons pas ignorer la montée des partis d’extrême-droite avec des tendances néo-nazies qui constituent un danger pour chacun d »entre nous, ainsi qu’une menace pour chaque nation ».