La Compagnie israélienne d’électricité collabore avec le musée Yad Vashem pour documenter le parcours des survivants de la Shoah ayant travaillé pour la société. Dans les années 1950 et 1960, la compagnie a recruté de nombreux rescapés ayant immigré en Israël après la guerre. Étant donné que l’immense majorité d’entre eux sont aujourd’hui à la retraite, l’entreprise a décidé de documenter leurs itinéraires avant qu’ils ne disparaissent.

Les survivants qui ont obtenu des emplois au sein de la compagnie
« représentaient une part essentielle du secteur de l’électricité en
Israël », a affirmé l’entreprise.

La plupart des survivants n’ont pas enregistré leurs histoires. En travaillant avec Yad Vashem, la compagnie espère retrouver des retraités qui n’ont pas encore témoigné afin de les interviewer et de les filmer à leur domicile.

Quelque 400 000 survivants de la Shoah vivaient en Israël au début des années 1950. Ils étaient arrivés dans l’après-guerre dans le cadre d’une politique d’immigration illégale (avant 1948), puis légale.

La tenue de registres au commencement de l’Etat étant peu précise, le nombre exact d’immigrants ayant réussi à s’intégrer au marché du travail lors de ces années n’est pas connu. Mais au moins plusieurs milliers d’entre eux se sont retrouvés à la Compagnie d’électricité.

Un porte-parole de l’entreprise a déclaré qu’il n’était pas certain qu’il y ait eu une campagne organisée de recrutement des survivants, mais qu’au vu du grand nombre de rescapés ayant travaillé pour la compagnie, cela était fort possible.

Le but du projet, intitulé « Collecter les fragments », est de recueillir les témoignages des survivants de la Shoah et de documenter leurs parcours grâce à des photos et des vidéos, à la création de « pages de témoignages » à Yad Vashem, qui envisage de mettre ces textes à la disposition du public, et au rassemblement d’objets liés à la Shoah (notamment des uniformes, des insignes, des documents et des photographies), dans le cadre d’un autre projet du musée, « Collecter les pièces ».

Selon le président de la Compagnie d’électricité Yiftah Ron-Tal,
« l’histoire de notre entreprise est intimement liée à celle du peuple juif et de l’État d’Israël. Des centaines de retraités qui ont survécu aux horreurs de la Shoah ont pris part à l’établissement des services publics et des infrastructures de développement de l’Etat d’Israël. En tant qu’entreprise nationale, nous avons l’obligation morale d’agir avec tous les moyens dont nous disposons pour préserver la mémoire de la Shoah et la mémoire collective, qui nous unit comme société. »

« Malgré les obstacles, les survivants de la Shoah ont continué à vivre leur vie de manière ordinaire, plutôt que de se laisser abattre par une douleur paralysante. Au contraire, les rescapés ont continué à travailler et à contribuer à tous les secteurs de l’économie israélienne. Ils ont choisi de rebâtir leur vie et ont été des partenaires à part entière de la construction de l’industrie israélienne et des infrastructures nationales », a pour sa part affirmé le président de Yad Vashem Avner Shalev.

La Compagnie d’électricité a déclaré qu’« au cours des dernières années, on a observé une progression inquiétante du négationnisme et de la banalisation. Les témoignages des survivants sont la preuve éternelle des horreurs de la Shoah. Les témoignages photographiques sont importants pour les chercheurs et pour les générations futures, en Israël et dans le monde. »