Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, Youssef Badr, condamnant Youssouf Fofana, 36 ans, pour des tentatives d’extorsion de fonds accompagnées de menaces de mort commises entre 2002 et 2004 au préjudice de 42 personnes, des chefs d’entreprises et personnalités, dont l’ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman.

Le procureur a regretté que l’accusé ait demandé à regagner sa cellule après une heure et quart d’audience, alors qu’il s’agissait notamment de comprendre « la dynamique » qui avait conduit Youssouf Fofana d’affaires de tentatives d’extorsion de fonds à l’assassinat d’Ilan Halimi.

« Il était intéressant de savoir ce qu’était devenu le bourreau d’Ilan Halimi, la réponse est là : il n’a pas changé », a tranché le magistrat évoquant un individu « à la détermination sans faille », « obnubilé par l’argent ».

Youssouf Fofana s’est déclaré « trader de la terreur » avant de demander à regagner sa cellule.

Sur les 13 victimes qui s’étaient constituées parties civiles, seules trois étaient représentées à l’audience.

« Si Fofana s’est adressé à lui (Joseph Cohen Sabban, NDLR), c’est parce que c’est un avocat renommé mais aussi parce qu’il est juif », avait expliqué à l’AFP Me Elias Stansal, avocat de l’une des victimes, Joseph Cohen Sabban, soulignant que l’affaire mêlait « la crapulerie à l’antisémitisme ».

Rony Brauman à l'antenne d'Europe 1 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Rony Brauman à l’antenne d’Europe 1 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Pour faire pression, le maître chanteur avait adressé des grenades à ses victimes, jeté des cocktails Molotov dans la cour du domicile de Rony Brauman ou encore piégé une voiture.

En 2006, le « gang des barbares », comme se faisait appeler ce groupe constitué dans la proche banlieue parisienne, avait enlevé pour obtenir une rançon, et torturé trois semaines durant un jeune Juif, Ilan Halimi, 23 ans, avant de le tuer, une affaire qui avait choqué la France.

D’origine ivoirienne, Youssouf Fofana avait été condamné en juillet 2009 pour l’assassinat d’Ilam Halimi à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. A ce titre, il pourra déposer une demande de remise en liberté dans 12 ans, en 2028. La nouvelle condamnation ne modifie en rien ce calendrier.