Le député arabe et président du parti Balad Jamal Zahalka a été éjecté de force d’une réunion d’une commission après avoir refusé de présenter des excuses pour avoir dit que les mains du commissaire en chef de la police Yohanan Danino étaient tachées de sang.

Jamal Zahalka critiquait la manière dont la police maîtrisait les récentes émeutes à Jérusalem Est.

Zahalka a provoqué un tollé suite aux propos qu’il a tenus lors d’une réunion de la commission de la protection de l’environnement.

En tant que parlementaires, ils ont examiné la manière dont la police a traité l’enlèvement et l’assassinat des trois adolescents israéliens le mois dernier. Le débat a débouché sur les émeutes à Jérusalem Est déclenchées suite au meurtre d’un adolescent arabe par des extrémistes juifs, apparemment en représailles aux adolescents israéliens tués.

Pendant que la commission regardait des séquences vidéo sur les émeutes de Jérusalem Est et sur ​​le mont du Temple, Zahalka a affirmé que le mont du Temple, lieu saint pour les musulmans et les juifs, est « un territoire occupé » et que la police n’a rien à faire sur l’esplanade.

« Vous êtes des criminels », a clamé haut et fort Zahalka aux représentants de la police présents à la réunion.

« Vous êtes un criminel ; vous soutenez le terrorisme », lui a rétorqué la présidente de la commission Miri Regev (Likud).

Alors que les esprits commençaient à s’enflammer, Zahalka a dirigé sa colère contre Danino.

« Les mains du commissaire de police sont couvertes de sang », s’est-il écrié.

Ce commentaire a enragé Regev qui a exigé des excuses de Zahalka.

« Vous devriez avoir honte de vous-même », a déclaré Regev. « Pour qui vous prenez-vous ? Excusez-vous, sortez d’ici, vous aidez les terroristes ».

« Je ne partirai pas ! » lui a répondu Zahalka en criant.

Le député Moti Yogev, du parti nationaliste Habayit Hayehudi, est entré dans la discussion, affirmant à Zahalka qu’il devait quitter le pays.

« Partez en Syrie, allez là où vous voulez, allez chez vos amis en Syrie, dans n’importe quel pays arabe voisin », a-t-il déclaré. « Sur le mont du Temple notre temple sera construit en notre temps ».

Tandis que les hurlements continuaient à s’amplifier et que Zahalka refusait de se rétracter, Regev a ordonné aux huissiers de la Knesset de l’escorter hors de la salle. Zahalka s’y est opposé et s’est débattu avec acharnement, allant même jusqu’à saisir sa chaise pour essayer de rester sur place.

On a fait appel à des huissiers supplémentaires qui ont réussi à soulever le député réticent de son siège. Pendant tout ce temps, l’échange verbal a continué.

« C’est bon, 1, 2, 3, soulevez-le de son siège comme si c’était son anniversaire », s’est moqué Regev. « Puis jetez-le à Gaza ».

« Vos mains aussi [sont couvertes de sang] », a répliqué Zahalka à Regev.

« Des ennemis d’Israël ici à la Knesset », s’est insurgée Regev tandis que Zahalka s’éloignait entouré par les huissiers. « Chevaux de Troie, des traîtres et des terroristes ».

Le député Ahmed Tibi (Raam-Taal), qui était présent, a réprimandé Regev pour sa gestion de la situation et a presque déclenché une nouvelle querelle. Les membres de la Knesset se sont finalement calmés et ont poursuivi la réunion.

Zahalka figurait plus tard aux informations de la Deuxième chaîne pour s’expliquer sur l’incident. L’interview en studio s’est rapidement transformée en un échange musclé avant que le journal ne passe à son sujet suivant sur une attaque de roquette depuis la bande de Gaza sur Ashdod.

Le député est bien connu pour ses commentaires provocants. Le mois dernier, Zahalka a déclaré que la « lutte pour la libération nationale » palestinienne n’était pas du terrorisme mais plutôt « une lutte juste pour corriger une erreur historique ».

S’adressant à l’assemblée plénière de la Knesset, Zahalka a exprimé son soutien aux députés arabes qui ont été critiqués pour avoir refusé de qualifier l’enlèvement des trois adolescents israéliens en Cisjordanie d’acte terroriste et de ne pas avoir déclaré que le groupe qui en serait responsable, le Hamas, était une organisation terroriste.

« Nous n’accepterons pas de qualifier une lutte pour la libération de terrorisme », a déclaré Zahalka. « Nous n’allons pas faire des compromis avec l’occupation… nous leur dirons la vérité, c’est notre devoir historique ».

La députée Hanin Zoabi, également du parti Balad de Zahalka, a fait face à une salve de critiques sévères du public pour ses déclarations la semaine précédente. Elle a affirmé que les ravisseurs n’étaient pas des terroristes, mais plutôt « des gens qui ne voient aucun moyen de changer leur situation et ils doivent recourir à ces mesures jusqu’à ce qu’Israël se modère ».