L’organisation de recherche et de sauvetage ZAKA a mis en doute jeudi la fiabilité de la famille d’un ressortissant israélo-canadien actuellement détenu dans un état arabe. Elle a fait savoir que la famille du prisonnier a été dans l’impossibilité de fournir des informations appropriées pour le transfert de la somme de 120 000 dollars collectée auprès de l’opinion publique pour acheter sa liberté.

Le directeur international de ZAKA, David Rose, a indiqué que son organisation avait été exploitée pour le lancement d’une campagne publique de collecte de fonds visant à sauver Ben Hassin, 21 ans, qui risque une condamnation de 25 ans de prison ou à la peine capitale pour avoir tué un chauffeur de taxi en 2015.

Il a également mis en doute les affirmations attestant que Hassin aurait été torturé, disant qu’un représentant lui avait rendu visite dans le centre de détention et avait fait savoir que le jeune adulte était en bonne santé.

Hassin a été emprisonné en juin 2015 dans un état arabe avec lequel Israël n’entretient aucun lien diplomatique. Il aurait tué un chauffeur de taxi qui l’aurait menacé de mort après avoir découvert qu’il était Juif.

Le nom de l’état où il s’était rendu afin de rendre visite à ses grands-parents avant d’y rester pour combattre l’Etat islamique – selon des informations données par sa famille – est maintenu sous les termes d’une ordonnance de non-publication en Israël.

« Cela nous heurte que la réputation de ZAKA ainsi que la volonté de l’organisation de venir aider à résoudre des problèmes humanitaires aient été exploitées », a fait savoir Rose.

« Nous continuons néanmoins à surveiller la situation à travers d’autres canaux crédibles sur le terrain et nous attendons des informations pertinentes. L’affaire devrait trouver sa conclusion dans les prochaines semaines, » a-t-il ajouté.

Rose a souligné que ZAKA ne donnera pas d’argent avant que ses propres avocats aient la certitude qu’il sera utilisé pour sauver Hassin.

« Si nous ne sommes pas 100 % sûrs, alors tout l’argent qui est actuellement place sous séquestre sera rendu aux donateurs », a-t-il expliqué.

« Un contrôle diligent est essentiel pour une organisation qui met un point d’honneur à la transparence financière », a-t-il précisé.

En réponse, Assaf Tal, porte-parole d’Ilan Hassin, a indiqué au Times of Israël que la famille n’a d’aucune manière voulu tromper ZAKA.

« Nous avons entendu tant et plus ces allégations », a-t-il commenté. « Nous sommes désolés que ZAKA dise à tous les médias avoir été induit en erreur par la famille. Cette dernière attend encore maintenant le retour de Ben ».

Tal a déclaré que la version donnée par la famille était vraie.

« Nous avons montré aux médias que nous sommes en possession de documents qui prouvent la véracité de l’affaire dans l’état où il est actuellement emprisonné », a-t-il dit.

« Nous ne savons pas pourquoi ZAKA continue de prétendre que la famille a leurré tout le monde », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l’affirmation de ZAKA que Ben était en bonne santé, Tal a indiqué avoir entendu le contraire de la part d’Ilan Hassin.

La famille « ne sait pas qui lui a rendu visite », a-t-il dit. « Son père dit que Ben n’est pas en bonne forme. Les conditions sont inhumaines et sa vie est en danger ».

Le mois dernier, à la demande de la famille et du ministère des Affaires étrangères, ZAKA a accepté d’offrir une plate-forme de collecte de fonds pour payer la rançon demandée au prix du sang dans ce dossier après s’être précautionneusement renseigné.

ZAKA a lancé un effort de collecte de fonds sur le site internet Chesed Fund vingt-quatre heures après que le père de Hassin et le ministre Ayoub Kara, issu du Likud, ont imploré le public de donner de l’argent pour sauver la vie du jeune adulte détenu.

Ils ont alors indiqué que le verdict dans le procès de Ben Hassin était imminent, mais qu’il pouvait y échapper si la famille du conducteur de taxi était indemnisée au prix du sang pour une somme de 120 000 dollars.

Les dons provenant du monde entier ont permis à la somme d’être récoltée en une journée et ZAKA a alors cherché à utiliser l’argent pour faire libérer Hassin.

« Depuis ce moment-là, l’argent donné a été placé sous séquestre. Ce sera le cas jusqu’au moment où les avocats de ZAKA auront la certitude que les fonds seront transférés conformément aux canaux légaux et qu’ils atteindront la cible visée », a expliqué Rose.

Ayoub Kara (g) et Ilan Hassin (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Ayoub Kara (g) et Ilan Hassin (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Toutefois, ZAKA a été dans l’incapacité d’obtenir des informations appropriées auprès de la famille de Hassin pour garantir le transfert de l’argent, a-t-il ajouté.

« Malgré la prétendue urgence de la situation, après plus de deux semaines, la famille de Hassin doit encore répondre aux requêtes des avocats de ZAKA, qui sont prêts et désireux de faire ce transfert d’argent – mais seulement vers un compte sous séquestre établi pour le dessein visé, et avec les documents légaux appropriés pour s’assurer que l’argent atteindra son but », a-t-il déclaré.

« Au lieu de cela, la famille n’a fourni que des détails bancaires portant sur des comptes privés, ou des organisations privées », a-t-il ajouté.

Rose a déclaré que malgré les propos du père de Hassin, qui clame le contraire, ZAKA a été en contact avec des « organismes réputés » du pays islamique où le prisonnier est actuellement détenu dans l’objectif d’obtenir sa libération ou, tout du moins, une peine allégée.

Selon Rose, Hassin a reçu une visite et il serait en bonne santé, ce qui vient contredire les allégations de torture avancées par Ilan Hassi.

Dans l’enregistrement d’un entretien téléphonique avec son père diffusé à la télévision, Ben Hassin lui-même a assuré avoir été torturé.

Rose n’a pas donné de détails sur le moment auquel la visite a été effectuée ou sur l’identité de la personne qui a rencontré le détenu.

Un porte-parole de Kara a déclaré au Times of Israel que dans la mesure où l’argent de la rançon a été réuni, le dossier concerne dorénavant ZAKA et les avocats de la famille Hassin.

Dans la mesure où Kara œuvre pour sécuriser la libération de Hassin, il n’est pour sa part plus impliqué dans le transfert du montant de la rançon.

L’affaire avait été conservée secrète par le censeur militaire jusqu’au mois dernier, lorsque des extraits de l’histoire ont été autorisés à la publication pour permettre au père de Hassin de lancer son appel à l’aide.

Ben Hassin (Crédit : autorisation)

Ben Hassin (Crédit : autorisation)

Le père de Hassin a expliqué avoir promis à la famille du chauffeur de taxi de payer le prix du pardon, la “sulha”, avant le 29 janvier – jour du verdict dans l’affaire de Hassin, cette indemnisation étant susceptible de faciliter la libération de son fils.

La date semble avoir été reportée.

Alors que l’affaire a été rendue publique le mois dernier, Ilan Hassin est apparu à la télévision israélienne, suppliant qu’on lui vienne en aide pour aider à libérer son fils.

« Je n’ai pas cet argent », a-t-il dit. « Aidez-moi ».

Il a également diffusé un enregistrement audio de son fils, lui parlant par téléphone depuis sa prison en anglais, dans lequel il affirme avoir été torturé.

Hassin disait avoir été frappé, qu’on lui avait arraché les ongles et qu’il avait été suspendu à un plafond.

Ilan Hassin est israélien. La mère de Ben Hassin vivrait depuis 30 ans au Canada.