Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est adressé aux chambres réunies en Congrès mardi, a déjà utilisé des canards, des dessins de bombes et même des plans pour appuyer ses arguments contre l’Iran.

Voici les exemples mémorables de la rhétorique utilisée par Netanyahu au cours de ces dernières années :

Après avoir dénoncé les « attaques systématiques de la vérité » sur l’Holocauste du président iranien de l’époque Mahmoud Ahmadinejad, Netanyahu a produit en 2009 les plans des nazis du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau signé par Heinrich Himmler lui-même et a asséné : « est-ce un mensonge aussi ?… N’avez-vous aucune honte ? N’avez-vous aucune décence ?… Peut-être que certains d’entre vous pensent que cet homme et son odieux régime ne menacent que les Juifs. Vous avez tort. »

Au lieu de cela, a-t-il poursuivi, la violence islamiste « impartiale et pleine de sang-froid » cherche à ramener « l’humanité à une époque médiévale ».

Le discours « du canard nucléaire » est l’un des discours les plus mémorables de Netanyahu. Il l’avait prononcé depuis une tribune qui lui est chère : celle de l’AIPAC.

En mars 2012, il s’est moqué de l’idée selon laquelle « un pays qui construit des installations nucléaires souterraines, développe des missiles balistiques intercontinentales, fabrique des milliers de centrifugeuses, et ce sous le coup de sanctions handicapantes, le ferait uniquement pour faire avancer… la recherche médicale ».

Et d’ajouter : « Mesdames et messieurs, si cela ressemble à un canard, que cela marche comme un canard, caquette comme un canard, qu’est-ce que cela peut bien être ? Eh oui, c’est un canard, mais ce canard est un canard nucléaire. Et il est temps que le monde commence à appeler un canard un canard. »

Ce discours a même eu le droit à un remix :

En septembre de l’année dernière, lorsque le Premier ministre a prononcé son fameux discours ‘Bibi Bombe’, il a aussi produit une affiche en carton sur laquelle était dessinée une bombe et une mèche. « Ceci est une bombe, et ça c’est une mèche », a-t-il informé l’Assemblée générale de l’ONU.

Expliquant que la bombe était divisée en trois parties représentant les niveaux de préparation, et qu’une ligne rouge devrait être tracée dans le but de stopper les progrès de l’Iran avant la troisième étape, il a sorti un marqueur rouge et a déclaré : « la ligne rouge doit être tracée juste là… Avant que l’Iran ne complète la deuxième étape de l’enrichissement nucléaire nécessaire pour fabriquer la bombe. Avant que l’Iran n’en arrive au point où il est à quelques mois ou à quelques semaines avant d’amasser suffisamment d’uranium pour fabriquer l’arme nucléaire. »

Présentation de la bombe et de la ligne rouge par Netanyahu à l'Assemblée générale de l'ONU le 27 septembre 2012 (Crédit : Avi Ohayun, GPO)

Présentation de la bombe et de la ligne rouge par Netanyahu, à l’Assemblée générale de l’ONU, le 27 septembre 2012 (Crédit : Avi Ohayun, GPO). 

En mars 2012, lors d’une rencontre avec le président Obama dans le Bureau ovale, Netanyahu a offert au président américain le Livre d’Esther – une histoire vieille de 2 500 ans, qui serait ou ne serait pas arrivée, et qui décrit les histoires des manœuvres effectuées derrière des portes closes qui auraient permis aux Juifs d’échapper à un nettoyage ethnique ordonné par un infâme perse nommé Haman. Les assistants de Netanyahu avaient à l’époque expliqué au Forward que les rouleaux étaient destinés à être « une lecture de base ».

Netanyahu avec un rouleau du livre d'Esther à la Grande synagogue de Jérusalem le 10 mars 2009 (Crédit : Uri Lenz/ Flash 90)

Netanyahu avec un rouleau du livre d’Esther, à la Grande synagogue de Jérusalem, le 10 mars 2009 (Crédit : Uri Lenz/ Flash 90).

Jeffrey Goldberg de The Atlantic a résumé le message de la meguilah : « le Premier ministre d’Israël a beaucoup de qualités, a-t-il écrit. Mais la subtilité n’en fait pas partie. Le message de Pourim est : quand les Juifs voient une conspiration meurtrière en train de se fomenter contre eux en Perse, ils agiront pour contrecarrer le complot, même si Barack Obama souhaiterait qu’ils attendent la permission [d’agir]. »

Parmi les discours les moins impressionnants, il y a eu le « [Hassan] Rouhani pense qu’il peut avoir sa part du yellowcake (une forme d’uranium) et la manger aussi » prononcé à l’Assemblée générale de l’ONU de 2013 ; le « chaque meuh est informatisé » au forum économique de Davos, et personnellement mon préféré : le cigare fumant de mai 2005.

A l’époque où il n’était encore que le ministre des Finances critiqué pour sa politique économique libérale, il a croisé des journalistes à la fin d’une réunion du cabinet. Ne voulant pas passer pour un gros riche retirant aux pauvres des aides publiques, il a pris son cigare, encore allumé, l’a enveloppé dans une serviette, et l’a mis dans la poche de sa veste.

Après avoir échangé quelques instants avec le correspondant d’Israel Radio, Shmuel Tal, au sujet du Chef d’état-major sortant et d’un futur échange de prisonniers, ce dernier lui demanda qu’est-ce qui brûlait. Netanyahu, se rendit compte qu’il avait été pris la main dans le sac et sortit son cigare encore fumant de la poche de sa veste.

Mais pour une fois, c’est le porte-parole de l’époque de Netanyahu, le député Ofir Akunis, qui a eu le bon mot : « le ministre va bien, la veste va bien, et cette affaire prouve que le ministre est un ministre des Finances qui sait agir sous le feu de l’action », avait-il alors déclaré.