Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a ironisé jeudi sur l' »incroyable coïncidence » entre l’annonce par l’armée israélienne de l’interception d’un navire transportant selon elle des armes iraniennes et la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux Etats-Unis.

« Un navire iranien transportant des armes pour Gaza. Capturé juste à temps pour la campagne annuelle anti-iranienne de l’Aipac », le principal lobby pro-Israël aux Etats-Unis qui a tenu son congrès en début de semaine, a indiqué Zarif sur Twitter.

« Incroyable coïncidence ! Toujours les mêmes mensonges », a-t-il ajouté dans son message sur son compte (@JZarif).

M. Netanyahu, actuellement aux Etats-Unis et qui s’est adressé mardi aux délégués de l’Aipac, a vivement critiqué la signature d’un accord intérimaire en novembre sur le programme nucléaire de l’Iran, et demande le maintien des sanctions contre Téhéran pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément farouchement.

Selon l’armée israélienne, le navire arraisonné mercredi en mer Rouge transportait des roquettes de fabrication syrienne qui avaient transité par l’Iran et étaient destinées au mouvement radical palestinien Jihad islamique dans la bande de Gaza.

L’Iran, qui ne reconnaît pas l’existence d’Israël, soutient le Jihad islamique.

Le ministre adjoint des Affaires étrangères iraniennes, Hossein Amir Abdollahian, avait dénoncé mercredi des « mensonges répétés (…) des médias sionistes ».

Selon les médias iraniens, l’arraisonnement de ce « navire imaginaire » serait un complot des Etats-Unis et d’Israël pour faire pression sur l’Iran et ses alliés.

« Cela ouvre la voie à une intensification des pressions et la ratification par le Congrès (américain) de nouvelles sanctions contre l’Iran, ainsi que l’intensification des mesures politiques et militaires contre la Syrie », a estimé l’analyste Reza Seraj, cité par l’agence Fars.

Téhéran est le principal allié régional du régime syrien, qui combat depuis trois ans une rébellion appuyée par les Occidentaux et les monarchies arabes du Golfe.

En Israël, le porte-parole de l’armée, le général Motti Almoz, a démenti que l’annonce de l’opération ait été liée au voyage de Benjamin Netanyahu aux Etats-Unis.

« La décision de l’arraisonnement a été prise en fonction des conditions opérationnelles », a-t-il assuré, réfutant les critiques de plusieurs commentateurs politiques dans les médias israéliens sur le caractère très opportun de l’opération pour M. Netanyahu.