Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, visé par les critiques des conservateurs sur le dossier nucléaire, a affirmé mardi que sa diplomatie pragmatique avait permis d’isoler Israël au sein de la communauté internationale.

Après plusieurs années de rhétorique belliqueuse de l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad, M. Zarif a affirmé devant le Parlement que le nouveau gouvernement avait réussi à effacer l’image véhiculée par l’Etat hébreu sur le « danger » de l’Iran et de son programme nucléaire.

Les ultraconservateurs iraniens critiquent de plus en plus violemment l’accord intérimaire sur le nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances sous la houlette de M. Zarif, estimant que les concessions faites par Téhéran sont trop importantes.

Des personnalités religieuses, des parlementaires et des responsables du régime ont aussi dénoncé la politique modérée de M. Zarif en matière de diplomatie, notamment sa condamnation de l’Holocauste.

Le Premier ministre israélien Benjamin « Netanyahu assure sans honte que l’Iran nie l’Holocauste, que l’Iran veut fabriquer une bombe nucléaire afin de commettre un nouvel Holocauste », a déclaré M. Zarif.

« Mais mes collègues et moi-même disons au monde que l’Iran est contre l’antisémitisme et les génocides », a-t-il assuré devant les députés.

En février, il avait dit à la télévision allemande que l’extermination des Juifs sous le régime nazi avait été « une cruelle tragédie funeste qui ne doit plus jamais se reproduire ».

L’Iran ne reconnaît pas l’existence d’Israël et certains de ses dirigeants appellent régulièrement à sa disparition. M. Ahmadinejad avait pour sa part qualifié l’Holocauste de « mythe ».

« Nous ne permettrons pas au régime sioniste – qui possède illégalement des armes chimiques et nucléaires et qui viole le plus les lois anti-prolifération – de montrer l’Iran comme un danger », a assuré M. Zarif.

« Notre politique étrangère a ôté à Israël son calme et son confort, et l’a poussé vers une position réactionnaire et un isolement international », a-t-il expliqué.

Fin avril, Netanyahu a affirmé que l’Iran menaçait « le monde entier », appelant la communauté internationale à exiger que Téhéran « démantèle totalement ses capacités de production d’armes nucléaires ».

Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région, a dénoncé tout accord conclu entre l’Iran et le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) qui permettrait à Téhéran de rester au seuil nucléaire.