« C’est regrettable qu’un groupe voie ses intérêts dans la tension et dans la crise (…) Monsieur Netanyahu est contre toute solution », a déclaré Zarif lors d’une conférence de presse commune avec son homologue italien Paolo Gentiloni, en visite pour deux jours en Iran.

Il a dénoncé la volonté israélienne, selon lui, d’ « utiliser une crise artificielle pour faire oublier les réalités dans la région, notamment l’occupation, la répression des Palestiniens et la violation de leurs droits ».

« C’est une politique ancienne, qui en créant des peurs et en proférant des mensonges (…) veut empêcher le calme dans la région. Je crois que cet effort est infructueux et ne doit pas empêcher une entente », sur le nucléaire a ajouté M. Zarif.

M. Netanyahu doit se rendre à Washington la semaine prochaine pour demander au Congrès de soutenir de nouvelles sanctions contre Téhéran, ce qui torpillerait les négociations en vue d’un accord entre l’Iran et les grandes puissances qu’il juge contraire aux intérêts d’Israël.

Le Premier ministre israélien a affirmé mercredi que le discours devant le Congrès relevait de son « devoir » vis-à-vis d’Israël.

« Je respecte la Maison Blanche et le président américain mais (…) l’accord qui se prépare nous donne des raisons de nous inquiéter, les puissances mondiales ont apparemment trouvé un terrain d’entente avec l’Iran, moi non », a-t-il déclaré.

Benjamin Netanyahu s’est déplacé au mur Occidental dans la soirée de samedi.

L’Iran et les pays du 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) doivent poursuivre jeudi en Suisse leurs discussions sur un accord historique garantissant la nature uniquement civile et pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales asphyxiant l’économie de ce pays.

Les deux parties tentent d’arracher un accord avant la date du 31 mars.

Selon Zarif, les délégations iranienne et américaine ont eu la semaine dernière à Genève « des discussions détaillées et précises sur les questions techniques ». Il a souligné « des progrès notables ».

« Mais des divergences persistent sur de nombreux autres sujets, à la fois sur les questions nucléaires et celles concernant les sanctions (…) les Etats-Unis et les pays occidentaux doivent comprendre que les sanctions sont un obstacle pour parvenir à un accord », a-t-il encore dit.

De son côté, Gentiloni a appelé de ses vœux « une solution dans le dossier nucléaire » pour permettre de « développer les relations entre les deux pays ».

« L’aide de l’Iran sera utile pour trouver des solutions dans les problèmes régionaux, notamment la lutte contre l’extrémisme de Daech (acronyme arabe de l’organisation Etat islamique) et les autres problèmes de la région », a-t-il ajouté, selon la traduction en persan de ses propos.

Gentiloni doit rencontrer d’autres responsables iraniens.