Téhéran a proposé un plan visant à pacifier le Yémen, qui prévoit un cessez-le-feu suivi de négociations entre toutes les parties facilitées par des médiateurs extérieurs, a déclaré mardi à Madrid le ministre iranien des Affaires étrangères.

« J’ai proposé un cessez-le-feu, suivi d’un dialogue incluant toutes les parties et facilité par d’autres », a déclaré le ministre Javad Zarif lors d’une conférence de presse à Madrid, en précisant que le cessez-le-feu serait suivi d’une aide humanitaire.

Zarif a fait ces déclarations peu avant l’adoption mardi par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution qui somme les Chiites houthis de se retirer des zones du Yémen qu’ils ont conquises et qui leur impose des sanctions, dont un embargo sur les armes.

Quatorze des 15 pays membres ont voté pour, la Russie s’abstenant.

La résolution, mise au point par les pays du Golfe et parrainée notamment par la Jordanie, demande à « toutes les parties » au conflit de négocier dans les plus brefs délais une « cessation rapide » des hostilités.

Le dialogue proposé par l’Iran, a indiqué le ministre sans évoquer cette résolution, devra mener « à la mise en place d’un gouvernement incluant toutes les forces en présence » et « ayant de bonnes relations avec ses voisins ».

Le ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un plan de paix mis en place par des tiers mais bien d’un plan qui serait mené par les Yéménites eux-mêmes.

« Nous ne voulons pas d’une interférence extérieure. Nous voulons un processus yéménite entre les différents groupes politiques et tribus du Yémen », a-t-il dit.

Il n’y a pas au Yémen de « guerre religieuse », a-t-il tenu à préciser.

Partis en septembre 2014 de leur fief de Saada (nord), les Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris sur plusieurs mois le contrôle de Sanaa, de régions du centre et de l’ouest, ainsi que de portions du sud.

Depuis le 26 mars, une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite entend les empêcher de prendre le pouvoir au Yémen, son voisin.