Le chef des droits de l’Homme aux Nations unies a accusé lundi Israël de commettre des « violations graves du droit humanitaire international et des droits de l’Homme » en Cisjordanie, tout en critiquant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a poussé à limiter les financements étrangers versés aux associations israéliennes de défense des droits de l’Homme.

S’exprimant lors d’une réunion du conseil des droits de l’Homme à Genève, Zeid Raad al-Hussein a expliqué que les politiques israéliennes en Cisjordanie nourrissent un « cycle de violences » entre Israéliens et Palestiniens.

« Les exemples d’usage excessif de la force, les formes de sanctions collectives et la détention arbitraire continuent à nous inquiéter gravement. La prise de responsabilité face à ces violations reste rare, a ajouté Zeid. Je rappelle aux autorités que le manque de prise de responsabilités quand des violations sont faites sape davantage la confiance dans le système de justice, et perpétue un cycle de violences. »

Zeid, ancien diplomate et prince jordanien, avait déjà formulé les mêmes accusations contre Israël dans un rapport paru au mois de juin.

Arrestation d'un Palestinien par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Deheishe, près de Bethléem, en Cisjordanie, en décembre 2015. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Arrestation d’un Palestinien par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Deheishe, près de Bethléem, en Cisjordanie, en décembre 2015. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Lundi, Zeid a déclaré que les « journalistes et les défenseurs des droits de l’Homme travaillent sous une pression accrue de la part de leurs autorités respectives » en Israël et en Cisjordanie, soulignant une législation de la Knesset adoptée l’année dernière, exigeant que les ONG qui reçoivent plus de la moitié de leur financement de la part de gouvernements ou d’agences publiques étrangers de le faire savoir, ainsi que des propos de Netanyahu qui avait expliqué que le gouvernement formulerait un nouveau projet de loi restreignant les financements des gouvernements étrangers apportés aux organisations israéliennes.

Tout en se concentrant sur Israël, Zeid a néanmoins indiqué qu’il existait des « actes de répression » dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, et dans certaines zones de Cisjordanie dirigées par l’Autorité palestinienne (AP) commis « contre les défenseurs des droits de l’Homme, en particulier contre les journalistes et les sites d’information – notamment des mesures législatives, des arrestations, du harcèlement d’individus et l’interdiction de sites internet. »

Il a également fait part de sa préoccupation concernant la détérioration des services publics à Gaza et a déclaré qu’Israël, l’Autorité palestinienne et le Hamas « échouent à respecter leurs obligations de protection à l’égard des droits de la population de Gaza. »

« A Gaza, la santé, l’eau, l’hygiène publique et d’autres services essentiels sont proches de l’arrêt total en raison de la crise de l’électricité, aggravant la souffrance du peuple déjà causée par le blocus », a-t-il dit.

Même si Israël a été largement critiqué pour le maintien du blocus à Gaza, l’Etat juif souligne qu’il est nécessaire pour empêcher le groupe terroriste du Hamas d’acquérir des armes qui seraient utilisées dans des attaques contre le pays.