Le président tchèque Milos Zeman a appelé mardi à une action internationale sous l’égide du Conseil de sécurité de l’ONU contre le groupe Etat islamique (EI) qui prépare, selon lui, un « super Holocauste » avec des centaines de millions de victimes.

« Le groupe Etat islamique ressemble à l’Allemagne nazie du début des années 1930. Ce qui nous menace, c’est un super Holocauste qui ne frapperait pas six millions de Juifs mais des centaines de millions de personnes de différentes religions, des athées et mêmes des musulmans », a déclaré M. Zeman à Prague, lors d’un forum à l’occasion du 70e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau et de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’Holocauste.

Pour empêcher un nouvel Holocauste, « il nous faut une action internationale coordonnée au niveau international, sous l’égide du Conseil de sécurité de l’ONU, avec la participation, si possible, de tous les membres permanents du Conseil », a-t-il ajouté.

Selon le président tchèque, cette action devrait être notamment menée contre les « camps d’entraînement des terroristes, avec l’utilisation de moyens modernes tels que les drones ».

« Il ne faut pas se faire d’illusions (et croire ..) que le terrorisme international se limite à quelque groupuscules mal armés. C’est une organisation mondiale, une force qui ne cesse de croître », a-t-il dit.

« On ne négocie pas avec les terroristes, on lutte contre eux avec l’usage de la force militaire », a insisté M. Zeman.

De son côté, le ministre tchèque des Affaires étrangères, Lubomir Zaoralek, a mis un bémol aux propos du président, dans un communiqué intitulé « Ne nous laissons pas affoler par les terroristes ! »

« Devons-nous donc déclarer une croisade ? Mais contre qui et où ? Contre les groupes jihadistes du Sénégal jusqu’à la Somalie, contre la Libye, le Yémen et jusqu’au Pakistan ? Non-sens ! », a-t-il déclaré dans ce texte dont l’AFP a obtenu une copie.

Selon le chef de la diplomatie, il faut surtout « protéger notre vie normale en République tchèque, à Paris, en Europe ».

Ce sont « d’abord les musulmans et surtout les Arabes qui doivent soigner le cancer de l’idéologie radicale islamiste », a affirmé M. Zaoralek en les invitant à « montrer que les tueries et la terreur ne constituent pas le vrai visage de l’islam ».