23 morts près des sites d’aide à Gaza et 6 décès dus à la famine au cours des dernières 24 heures – Hamas

Le Croissant-Rouge palestinien a affirmé qu'un employé a été tué et trois autres blessés lors d'une frappe aérienne sur son siège ; les médias égyptiens ont signalé une rare livraison de carburant diesel dans la bande

Illustration : Des Gazaouis quittant un centre de distribution alimentaire géré par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par les États-Unis et Israël, avec des sacs et des cartons, près du corridor de Netzarim, dans le centre de la bande de Gaza, le 3 août 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Au moins 23 Gazaouis qui venaient chercher des aides alimentaires ont été tués par les forces israéliennes à Gaza dans la journée de dimanche, ont fait savoir des responsables d’hôpitaux et des témoins dans la bande, où le ministère de la Santé, qui est placé sous l’autorité du Hamas, a également indiqué que six personnes étaient mortes de faim au cours des dernières 24 heures. Aucun des deux bilans n’a pu être vérifié de manière indépendante.

Par ailleurs, le Croissant-Rouge palestinien a écrit sur le réseau social X qu’un membre de son personnel avait été tué et que trois autres de ses employés avaient été blessés lors d’une frappe israélienne qui a pris pour cible son siège, installé dans la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Tsahal n’a fait aucun commentaire sur cette information.

L’armée a déclaré dimanche qu’elle poursuivait sa campagne contre le Hamas, les réservistes menant des opérations dans le cadre de la 179e brigade des Blindés ayant récemment découvert un tunnel du Hamas de 300 mètres situé dans le sud de l’enclave.

L’armée a noté que la brigade, avec le soutien des forces d’ingénierie de combat et avec l’assistance de l’armée de l’air israélienne, a détruit des centaines d’autres infrastructures terroristes dans le secteur au cours des deux derniers mois – notamment des bâtiments piégés, des postes d’observation et des postes de snipers.

De nombreuses armes – avec parmi elles des roquettes et des lance-roquettes, des RPG et des fusils d’assaut – ont également été localisées, a indiqué Tsahal.

Dans le même temps, l’hôpital Nasser, dans le sud de la bande de Gaza, a expliqué dimanche qu’il avait reçu des corps sans vie qui provenaient de plusieurs sites de distribution d’aides humanitaires – dont huit de Teina, qui se trouve à environ trois kilomètres d’un site de Khan Younès qui est géré par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par les États-Unis et Israël.

Plus au nord, dans le centre de Gaza, Les responsables de l’hôpital ont évoqué un incident similaire survenu plus au nord, dans le centre de Gaza. Les soldats israéliens auraient ouvert le feu, dans la matinée, sur des Palestiniens qui tentaient d’atteindre le quatrième site de distribution de la GHF.

« Les soldats essayaient d’empêcher les gens d’avancer. Ils ont ouvert le feu et nous nous sommes enfuis. Certaines personnes ont été blessées par balle », a raconté Hamza Matter, venu chercher une précieuse assistance.

Au moins cinq personnes ont été tuées et 27 personnes ont été blessées près du centre de la GHF qui a été installé à proximité du corridor de Netzarim, selon l’hôpital Awda.

Yousef Abed, qui faisait partie de la foule qui se rendait à un site de distribution, a indiqué qu’il a été pris pour cible par des tirs aveugles, se souvenant avoir vu au moins trois personnes en sang qui gisaient au sol. « Je n’ai pas pu m’arrêter pour les aider à cause des balles », a-t-il confié.

Des Palestiniens transportent des sacs alors qu’ils reviennent d’un point de distribution de nourriture géré par la Fondation humanitaire de Gaza, soutenue par les États-Unis et Israël, près du corridor de Netzarim, dans le centre de la bande de Gaza, le 3 août 2025. (Crédit : Eyad BABA / AFP)

Selon les Nations unies, plus de 1 300 personnes qui étaient venues chercher des aides ont été tuées à Gaza depuis la fin du mois de mai, dont plus de 800 alors qu’elles se trouvaient à proximité des sites gérés par la Fondation humanitaire de Gaza, dont les installations sont protégées par des sous-traitants américains, avec des soldats de l’armée israélienne qui montent la garde à leurs abords.

Les militaires israéliens ont reconnu avoir tiré des coups de semonce sur les foules qui s’approchaient à trop grande proximité des soldats – mais ils ont estimé que les chiffres avancés par les Nations unies étaient exagérés.

La GHF avait lancé ses opérations au mois de mai, après un blocus de près de trois mois imposé par Israël à la bande de Gaza. Le groupe cherche à contourner le Hamas dans la distribution de l’assistance humanitaire, Israël accusant le groupe terroriste de détourner régulièrement les livraisons dans le cadre du système d’aide existant, qui est placé sous la direction des Nations unies. Ces dernières et d’autres groupes humanitaires rejettent la GHF, l’accusant de violer les principes humanitaires de neutralité et de mettre les demandeurs d’aide en danger.

Les tirs signalés à proximité des sites d’aide sont survenus dans un contexte de colère internationale croissante, alors que l’ONU et les agences chargées de l’assistance font état d’une famine galopante dans la bande de Gaza.

Selon le ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas, les six personnes mortes de faim au cours des dernières 24 heures ont porté à 175 le nombre total de décès liés à la malnutrition dans la bande de Gaza – dont 93 enfants – depuis que la guerre a été déclenchée par le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. L’Organisation mondiale de la Santé, pour sa part, a signalé 63 décès liés à la malnutrition à Gaza pour le seul mois de juillet, dont 25 enfant. Tous étaient âgés de moins de 5 ans, à l’exception d’un seul.

Des Gazaouis, principalement des enfants, se bousculant pour recevoir un repas chaud dans une cuisine communautaire du quartier d’al-Mawasi, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 juillet 2025. (Crédit : AFP)

Israël dément les informations faisant état d’une famine généralisée dans la bande de Gaza et accuse les Nations unies et le Hamas d’entraver et de détourner les livraisons d’aide, respectivement. Le mois dernier, en réponse au tollé suscité au sein de la communauté internationale, Israël s’est engagé à augmenter l’acheminement des aides, à instaurer des « pauses humanitaires » de 10 heures dans les combats dans trois centres de population de Gaza et à faciliter les largages internationaux de denrées alimentaires par voie aérienne.

Dimanche, l’agence de presse égyptienne Al-Qahera a annoncé – des informations qui n’ont pas été confirmées – que deux camions transportant 107 tonnes de carburant diesel étaient sur le point d’entrer à Gaza, après que le ministère de la Santé de la bande de Gaza a averti que la pénurie de carburant avait gravement compromis les services hospitaliers.

Les livraisons de carburant sont rares depuis qu’Israël a imposé son blocus à Gaza, en date du 2 mars.

Le blocus avait commencé quelques heures après l’effondrement de l’accord de cessez-le-feu – un accord qui avait ouvert la porte à la remise en liberté des otages – qui avait été conclu entre Israël et le Hamas.

Israël avait repris ses hostilités contre le Hamas le 18 mars et l’État juif avait lancé une nouvelle offensive au mois de mai, avec l’objectif déclaré de s’emparer de 75 % de la bande de Gaza.

Des camions chargés d’aide humanitaire attendent du côté égyptien du point de passage de Rafah dans la bande de Gaza la permission d’entrer dans le territoire, le 3 août 2025. (Crédit : AFP)

Les négociations en vue d’un nouvel accord de cessez-le-feu ont échoué ces derniers jours, et certains partenaires de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu auraient préconisé qu’Israël prenne le contrôle de l’ensemble du territoire.

Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, en utilisant de plus la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.

Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir abattus au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 441 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.

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