300 prisonniers appartenant au Hamas entament une grève de la faim

Les prisonniers projettent de protester contre le transfert d'un établissement à haute sécurité vers d'autres prisons

Illustration : des prisonniers sécuritaire de la prison d'Ofer, en Israël, le 20 août 2008. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Trois cent membres du Hamas détenus dans la prison de Nafha dans le sud d’Israël ont entamé une grève de la faim de masse jeudi pour protester contre une décision très inhabituelle de transférer des centaines de prisonniers de l’établissement à haute sécurité vers d’autres prisons à travers le pays.

Au cours des deux derniers jours, le service pénitentiaire israélien a démantelé une unité entière à la prison de Nafha, où les prisonniers du Hamas, y compris certains des détenus les plus importants du groupe terroriste, sont détenus. Une autre unité de prisonniers du Hamas à la prison d’Eshel près de Beer Sheva a également été démantelée.

Un certain nombre de détenus ont été envoyés en isolement alors que la plupart ont été dispersés dans la population générale des détenus sécuritaires dans divers établissements.

Un prisonnier important, qui a été transféré de Nafha à la prison de Hadarim au nord de Tel Aviv, est Muhammed Arman, considéré comme étant le chef du Hamas de la population pénitentiaire d’Israël et une figure très influente dans l’organisation. Arman purge une peine de 54 ans pour une série d’attaques terroristes, qu’il a menée au cours de la deuxième Intifada au début des années 2000. A cette époque, il occupait le poste de commandant de l’aile militaire du Hamas dans la ville de Ramallah en Cisjordanie.

Une source palestinienne bien informée a déclaré au Times of Israël que Hadarim est considéré comme étant un cas « problématique » par les prisonniers du Hamas, car il offre très peu de possibilités de « communiquer avec la direction en dehors » [de la prison] en raison des règlements sévères contre les téléphones portables.

La même source a indiqué que l’insubordination des prisonniers du Hamas a commencé avant la décision de disperser les unités à Nafha et Eshel et a été organisée en réponse à une politique de fouilles corporelles considérées comme « humiliantes » par les détenus.

« [Le Service des prisons d’Israël] a commencé à mener des fouilles à nu et les prisonniers ne voulaient pas l’accepter, donc ils ont commencé à protester », a-t-il expliqué.

Au cours des derniers jours, les prisonniers du Hamas ont menacé d’entamer des grèves de la faim en masse et mener d’autres perturbations. Mercredi soir, le site officiel du Hamas a déclaré qu’au moins 100 prisonniers commenceraient à refuser de se nourrir dès jeudi.

Un responsable du service pénitentiaire d’Israël a déclaré que les tensions ont commencé à naître vers la fin de l’année 2015, quand un vaste réseau de contrebande de téléphones portables a été découvert à Nafha. En conséquence, la prison a introduit une série de mesures nettement plus sévères pour mettre fin à la contrebande. L’une des conséquences a été une séparation complète des deux ailes où les membres du Hamas étaient emprisonnés dans l’établissement. Les responsables de la prison ont également tout mis en oeuvre pour éviter tout contact – y compris les messages écrits – entre les deux ailes.

A la suite des nouvelles mesures, les prisonniers ont commencé une mutinerie organisée pour rendre la vie difficile aux gardiens de prison. Ils ont notamment refuser de retourner dans leurs cellules après être sortis pour la récréation et ont empêché les gardiens de pénétrer dans certaines parties de la prison.

La décision de disperser les unités est survenue après la découverte que la contrebande de portables n’avait pas cessé et que le Hamas avait de nouveau mis en place une contrebande organisée permettant de faire rentrer des téléphones dans la prison, a indiqué le responsable.

Ces dernières années, le nombre de prisonniers du Hamas a fortement augmenté en raison des efforts intenses pour lutter contre le terrorisme menés par les forces de sécurité israéliennes. A la veille de la guerre de Gaza de 2014, le nombre était de 1 100 environ. Aujourd’hui, il s’élève à plus de 1 700 prisonniers du Hamas.

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