4 ans de prison requis en appel contre une ex-nourrice accusée d’avoir empoisonné une famille juive de Levallois

L’avocate générale a évoqué des faits d’une 'exceptionnelle gravité', justifiant des réquisitions plus lourdes qu’en première instance

La cour d’appel de Versailles, en septembre 2019. (Crédit : Tiraden / CC BY-SA 4.0)

Le parquet a requis, mardi 31 mars, quatre ans de prison ferme contre une ancienne nourrice jugée en appel pour avoir tenté d’intoxiquer une famille juive à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) en janvier 2024. À cela s’ajoutent un maintien en détention et une interdiction définitive du territoire français. La justice demande cette fois la reconnaissance du caractère antisémite des faits.

Algérienne, âgée de 42 ans, la prévenue était poursuivie pour administration de substances nuisibles avec circonstance aggravante d’antisémitisme, ainsi que pour usage de faux documents, après avoir présenté une fausse carte d’identité belge pour être embauchée. Elle comparaissait devant la cour d’appel de Versailles.

L’affaire avait suscité une vive émotion. La mère de famille avait déposé plainte après avoir constaté des anomalies dans plusieurs produits de son domicile : boissons au goût de détergent ou de javel, produits cosmétiques provoquant des brûlures, aliments altérés. La nourrice était la seule personne extérieure à avoir eu accès à l’appartement dans les jours précédents.

À l’audience, l’avocate générale a évoqué des faits d’une « exceptionnelle gravité », justifiant des réquisitions plus lourdes qu’en première instance, où l’accusée avait été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans et demi ferme, et à une interdiction du territoire français pendant cinq ans. Le tribunal n’avait alors pas retenu le caractère antisémite, une qualification que le ministère public juge désormais centrale.

Selon le parquet, plusieurs éléments étayent cette circonstance aggravante, notamment des propos attribués à la prévenue, des recherches Internet sur la religion juive, ainsi que des publications liées au conflit israélo-palestinien retrouvées sur ses réseaux sociaux.

La prévenue conteste les faits. À la barre, elle a affirmé avoir été poussée à faire des aveux en garde à vue et a nié toute tentative d’empoisonnement comme tout mobile antisémite. Lors de son interpellation, elle aurait notamment déclaré qu’elle n’aurait pas dû « travailler pour une famille juive ». Elle a cependant assuré « respecter toutes les religions », avançant des explications jugées confuses par l’accusation.

Du côté des parties civiles, le traumatisme demeure. La mère de famille a décrit un « climat d’horreur » après les faits, évoquant la peur persistante et les mesures de sécurité prises au domicile. L’une de ses filles serait encore profondément marquée par l’affaire, et plongée dans le mutisme.

La décision de la cour d’appel est attendue dans les prochaines semaines. Elle devra notamment se prononcer sur la qualification antisémite.

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