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90 millions de shekels destinés aux olim russes

Ces fonds seront destinés au logement, à l’emploi, à l’éducation et aux services de santé des nouveaux arrivants

Des immigrants russes assistant à un événement marquant le 25e anniversaire de la grande vague d’alyah de l'ex-Union soviétique vers Israël, au Centre de Convention de Jérusalem, le 24 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des immigrants russes assistant à un événement marquant le 25e anniversaire de la grande vague d’alyah de l'ex-Union soviétique vers Israël, au Centre de Convention de Jérusalem, le 24 décembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le gouvernement a approuvé, dimanche, un plan de 90 millions de shekels destiné à l’accueil des immigrants juifs arrivant de Russie, en conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Ces fonds serviront à financer l’hébergement des immigrants, leur intégration au marché de l’emploi, leur éducation, les services de santé entre autres besoins de base. Ils permettront de venir en aide à ceux qui ont quitté leur pays dans la précipitation.

Les autorités israéliennes ont également fait part de leur intention d’augmenter la fréquence des vols entre Moscou et Tel Aviv et de trouver les moyens de faciliter le transfert d’actifs hors de Russie.

Selon les données du ministère de l’Immigration et de l’Intégration, quelque 24 000 immigrants juifs se sont installés en Israël depuis que la Russie a lancé son offensive en Ukraine, le 24 février dernier, ce qui en fait la vague d’immigration la plus importante depuis l’arrivée de centaines de milliers de migrants lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, il y a plus de 30 ans.

Le ministère estime que de nombreux immigrants devraient continuer à arriver dans les mois à venir, en raison notamment de la « mobilisation partielle » des réservistes russes, liée aux revers de l’armée russe en Ukraine.

Ces nouveaux fonds relèvent d’une initiative conjointe de la ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, et du ministre des Finances, Avigdor Liberman, pour préparer l’arrivée d’immigrants russes.

Illustration : Des immigrants russes descendent de l’avion qui les a conduits en Israël en 1990 (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

« L’État d’Israël est un refuge pour tous les Juifs du monde et leur migration vers Israël, quelle qu’en soit la cause, élève l’esprit », a déclaré Tamano-Shata dans un communiqué.

« Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration que je dirige veillera à ce que tous les immigrants russes arrivant en Israël ces jours-ci dans des circonstances difficiles reçoivent l’intégralité des soins dont ils ont besoin pour s’intégrer pleinement et rapidement à la société israélienne », a-t-elle ajouté.

Liberman, se faisant l’écho de Tamano-Shata, a déclaré que « le ministère des Finances fera les dépenses nécessaires pour que les Juifs et ceux qui sont éligibles à la loi du retour puissent faire leur alyah », terme hébreu pour l’immigration.

« L’alyah est un atout stratégique pour l’État d’Israël et le plus puissant moteur de croissance que nous ayons eu depuis la création de l’État », a-t-il ajouté.

La ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, à gauche, et le ministre des Finances, Avigdor Liberman, à droite, viennent d’approuver un programme de 90 millions de shekels destiné à l’accueil des immigrants en provenance de Russie, le 2 octobre 2022. (Crédit : Ministères de l’Immigration et de l’Intégration et des Finances)

Ces préparatifs en vue d’une nouvelle vague d’immigration en provenance de Russie sont menés sur fond de discours ouvertement anti-juif dans les médias grand public en Russie, alors que l’armée russe s’enlise en Ukraine.

L’animateur d’un célèbre talk-show a ainsi dit à l’antenne que les Juifs n’étaient pas patriotes et un groupe de réflexion a, pour sa part, accusé un éminent philosophe juif d’être du côté des Ukrainiens par pure cupidité.

On estime à près de 200 000 le nombre de Juifs qui vivent aujourd’hui en Russie, auxquels s’ajoutent trois fois plus de ressortissants éligibles à la nationalité israélienne, en raison de l’existence d’un grand-parent juif.

Dans un message à l’occasion de Rosh HasShana publié par Vladimir Poutine la semaine dernière, le président appelait les Juifs russes à apporter une « contribution importante » à l’identité multiethnique du pays.

Lorsqu’il est arrivé au pouvoir il y a 22 ans, Poutine a réprimé un antisémitisme sans vergogne que presque tous ses prédécesseurs avaient encouragé, toléré ou ignoré.

Par ailleurs, signe de la volonté du Kremlin de contenir l’immigration juive, le ministère russe de la Justice a déposé une requête auprès d’un tribunal de Moscou, en juillet, pour freiner l’activité des bureaux de l’Agence juive pour Israël, organisation semi-gouvernementale qui encourage et facilite l’immigration juive en Israël.

Bien que le procès se soit officiellement ouvert en juillet, il n’a pas progressé de manière significative au cours des deux derniers mois, toutes les audiences se terminant inévitablement par des reports.

Il est prévu que le tribunal de Moscou entende de nouveau l’affaire le 19 octobre prochain.

Judah Ari Gross et la Jewish Telegraphic Agency ont contribué à cet article.

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