900 jours après sa disparition, la famille de Haymanut Kasau exige des réponses du Shin Bet

Des dizaines de personnes ont réclamé justice pour la fillette disparue  ; son père soupçonne l’agence d’avoir négligé l’affaire en raison de la couleur de sa peau

Les parents de la fillette disparue Haymanut Kasau manifestent en brandissant sa photo à Tel Aviv, le 12 août 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des dizaines de personnes ont manifesté mercredi devant le siège du Shin Bet à Tel Aviv pour exiger que l’agence de sécurité intérieure participe aux recherches pour retrouver Haymanut Kasau, disparue à l’âge de neuf ans d’un centre d’intégration à Safed, peu après l’immigration de sa famille depuis l’Éthiopie.

La manifestation a eu lieu à la veille du 900ᵉ jour depuis la disparition de la fillette, en février 2024.

En février de cette année, la procureure générale Gali Baharav-Miara a autorisé le Shin Bet à participer aux investigations, mais la famille de la fillette affirme que l’agence n’a toujours pas agi.

Les manifestants ont scandé « Justice pour Haymanut », « Haymanut est une otage » et « Où est le Shin Bet ? », et brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Maman et papa font tout ce qu’ils peuvent. »

Dans une lettre adressée au chef du Shin Bet, David Zini, le père de Haymanut, Tesfai, a déclaré qu’il lui était difficile de ne pas penser que l’agence avait ignoré le sort de sa fille en raison de la couleur de sa peau.

« Je m’efforce de toutes mes forces de ne pas penser que cela a un rapport avec la couleur de peau. Mais il est très difficile de ne pas penser que les choses seraient différentes si nous avions un aspect différent », indiquait la lettre, que le père a lue dans sa version originale en amharique, avant qu’un sympathisant n’en lise la traduction en hébreu.

« Prouvez-moi que je n’ai pas commis d’erreur en venant ici. De père à père, prouvez-moi que la Terre d’Israël est l’endroit le plus sûr pour les Juifs », a supplié Tesfai.

La mère de Haymanut, Benchi, s’est demandé si la couleur de sa peau expliquait pourquoi le Shin Bet n’avait pas pris rapidement les mesures nécessaires pour rechercher sa fille, contrairement à ce qu’il avait fait dans le cas de Yuval Kogan, âgé de 4 ans, qui a disparu sur une plage à Ashkelon le mois dernier et avait été retrouvé sain et sauf un jour plus tard.

« Quand j’ai entendu l’histoire de Yuval, j’ai été bouleversée en tant que mère : je savais ce que cette mère traversait. Lorsqu’il a été retrouvé au bout de 24 heures, j’ai été soulagée », a déclaré Benchi, dans des propos traduits en hébreu par l’un de ses soutiens. « D’un autre côté… la rapidité d’intervention du Shin Bet m’a fait mal. Je me suis demandé si Haymanut ne méritait pas le même traitement, si la couleur de peau jouait vraiment un rôle dans cette affaire. »

Haymanut a été vue pour la dernière fois le 25 février 2024 à Safed, sur des images de vidéosurveillance filmées à 19 h 45, alors qu’elle distribuait avec ses amis des tracts pour les élections municipales devant le centre d’intégration de l’Agence juive, où elle vivait depuis l’arrivée de sa famille en Israël trois ans plus tôt.

Depuis lors, aucune piste ni aucune avancée dans l’enquête n’a permis de déterminer les circonstances de sa disparition, l’identité d’éventuelles personnes impliquées ou l’endroit où elle aurait été emmenée.

Haymanut Kasau, 9 ans, disparue le 25 février 2024 d’un centre d’accueil de l’Agence juive à Safed, dans le nord d’Israël. (Crédit : Autorisation)

Sa famille soutient depuis longtemps que les circonstances de sa disparition indiquent qu’elle a été enlevée. Son père a demandé que l’affaire soit traitée comme un enlèvement plutôt que comme une simple disparition, tout en accusant le gouvernement de ne pas en faire assez pour retrouver sa fille.

On ignore pourquoi le Shin Bet n’a toujours pas commencé à travailler sur son dossier, alors qu’il en a reçu l’autorisation il y a plusieurs mois.

Plusieurs mois avant que l’intervention du Shin Bet ne soit autorisée, l’affaire avait été confiée à l’unité Lahav 433 de la police, spécialisée dans la lutte contre la grande criminalité, sous la direction du commissaire de police Danny Levy, dans le cadre de ce que les responsables avaient alors décrit comme une volonté de porter un « regard neuf » sur l’affaire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est engagé en début d’année à « s’impliquer personnellement dans cette affaire », alors que l’opposition réclamait que le cabinet du Premier ministre supervise directement l’enquête.

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