À Besançon, le préfet interdit une conférence de Salah Hamouri
L'Association France Palestine Solidarité avait invité le terroriste franco-palestinien à animer une conférence-débat jeudi, dans le cadre du 'Besac Antifa Fest'
La préfecture du Doubs a annoncé mardi l’interdiction d’une conférence-débat animée par le franco-palestinien Salah Hamouri dans le cadre d’un festival antifasciste à Besançon, afin d’éviter des « troubles à l’ordre public ».
Invoquant le « contexte géopolitique actuel » pour justifier cette décision, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, s’est dit déterminé à « garantir la sécurité et la tranquillité publique sur l’ensemble du département », selon un communiqué de la préfecture.
L’Association France Palestine Solidarité avait invité Hamouri à animer une conférence-débat jeudi à Besançon, dans le cadre du « Besac Antifa Fest ».
Hamouri serait selon l’association un défenseur « des prisonniers politiques », « une figure centrale de la lutte pour la libération de la Palestine », « persécuté » par Israël « depuis plus de 20 ans ». L’association a dénoncé ce qu’elle a appelé un acte de « censure (…) extrêmement grave » et a appelé à manifester samedi après-midi.
Pour la section bisontine de La France Insoumise (LFI), la préfecture a « choisi de relayer la propagande de l’État d’Israël », fustigeant une décision qualifiée de « purement politique ».
Le nouveau maire LR de la ville, Ludovic Fagaut, s’est félicité de la décision du préfet. « La liberté d’expression, socle de notre démocratie, ne saurait servir de paravent à la haine, à la discrimination ou à la violence », a-t-il rappelé dans un communiqué.
Ces dernières années, de nombreuses conférences de Salah Hamouri ont été interdites dans l’Hexagone, notamment à Lyon.
La semaine dernière, les autorités israéliennes ont indiqué qu’il avait dirigé depuis l’Europe une « cellule terroriste » de Palestiniens de Jérusalem-Est, démantelée fin 2025.
« Je dis clairement que ce sont des mensonges », avait assuré, auprès de l’AFP, Hamouri, évoquant une « intimidation » alors qu’Israël l’a expulsé.
En 2024, il a porté plainte à Paris pour détention arbitraire et torture afin de dénoncer les conditions de son incarcération en Israël deux ans plus tôt, avant son expulsion vers la France.
Arrêté et emprisonné en Israël en 2005, Hamouri a été condamné en 2008 à sept ans de prison par un tribunal israélien l’ayant reconnu coupable de participation à un projet d’assassinat d’Ovadia Yossef, ancien Grand Rabbin d’Israël, à l’origine du parti ultra-orthodoxe Shas.
Le Franco-Palestinien, qui clame son innocence dans cette affaire, avait été libéré dans le cadre de l’accord de 2011 visant à libérer le soldat franco-israélien Gilad Shalit enlevé par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Israël le soupçonne de liens avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation jugée terroriste par l’État hébreu et l’Union européenne. Il nie ces liens.
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