À l’anniversaire de la trêve, Nawaf Salam critique les frappes israéliennes contre le Hezbollah
Le Premier ministre libanais met en doute la capacité dissuasive du Hezbollah face aux frappes israéliennes ; 370 terroristes éliminés depuis le cessez-le-feu
L’armée israélienne a lancé une vague de frappes sur le sud du Liban jeudi, jour du premier anniversaire du cessez-le-feu qui a largement mis fin aux affrontements transfrontaliers l’an dernier. Tsahal affirme avoir visé des sites de lancement de roquettes, des dépôts d’armes et des postes militaires appartenant au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
« La présence des infrastructures et les activités de l’organisation terroriste du Hezbollah dans ces zones constituent une violation des accords entre Israël et le Liban », a indiqué l’armée.
Depuis plusieurs semaines, Israël a intensifié ses frappes, accusant le Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, de se reconstruire en violation de l’accord de trêve qui avait mis fin à plus d’un an de violences, dont deux mois de guerre ouverte.
Le Liban subit des pressions américaines et israéliennes pour désarmer le Hezbollah conformément au cessez-le-feu, qui stipule que l’armée libanaise et la FINUL doivent contrôler le sud du pays. Le Hezbollah refuse cependant de déposer les armes.
Dans le même temps, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a formulé jeudi une rare critique du Hezbollah, affirmant que l’argument du groupe terroriste selon lequel son arsenal dissuade les attaques israéliennes ne tient pas.
« Le Hezbollah affirme que ses armes dissuadent toute agression. La dissuasion consiste à empêcher l’ennemi d’attaquer, mais Israël frappe et les armes ne le dissuadent pas », a déclaré Salam dans des propos publiés par l’agence de presse nationale.
Les frappes israéliennes précèdent la visite attendue dimanche du pape Léon XIV au Liban.
Bien que le souverain pontife doive se rendre à Beyrouth et dans d’autres régions du pays, il ne se rendra pas dans le sud, régulièrement visé par les attaques israéliennes contre le Hezbollah. Les tensions ont atteint un pic après l’élimination dimanche du chef militaire du Hezbollah lors d’une rare frappe israélienne sur Beyrouth depuis le cessez-le-feu.
Tsahal : plus de 370 terroristes neutralisés depuis l’accord de cessez-le-feu
À l’occasion du premier anniversaire de l’accord de trêve, Tsahal a indiqué jeudi avoir éliminé plus de 370 terroristes au Liban depuis la signature de l’accord, le 27 novembre 2024.
Selon l’armée, la plupart des terroristes éliminés étaient des membres du Hezbollah, tandis que d’autres appartenaient à des groupes alliés, dont le Hamas. Ils ont été pris pour cible pour avoir violé les termes du cessez-le-feu.
L’armée n’a pas donné d’estimation du nombre de civils tués dans le sud du Liban. Jeudi, le bureau des droits de l’Homme de l’ONU a affirmé qu’au moins 127 civils, dont des enfants, avaient été tués par les frappes israéliennes depuis l’accord de trêve.
Le ministère libanais de la Santé, qui ne fait pas la distinction entre civils et terroristes, affirme pour sa part que plus de 330 personnes ont été tuées depuis la trêve.
Selon les termes du cessez-le-feu, le Hezbollah devait se retirer du sud du Liban et Israël avait soixante jours pour évacuer ses positions. Tsahal s’est ensuite retirée de l’ensemble de ses postes frontaliers, à l’exception de cinq, invoquant le démantèlement incomplet des infrastructures du Hezbollah dans le sud.
En plus des centaines de frappes aériennes menées pendant la trêve, l’armée indique que ses forces terrestres ont mené plus de 1 200 raids et opérations de moindre envergure dans le sud du Liban, principalement autour de ces cinq postes « stratégiques », afin d’empêcher le Hezbollah de rétablir ses capacités.
Ces opérations comprenaient la destruction d’infrastructures terroristes, la perturbation du renseignement du Hezbollah et d’autres actions destinées à affaiblir le groupe. Les troupes ont découvert de nombreuses armes, des sites de lancement de roquettes et d’autres installations utilisées par l’organisation terroriste.
Israël a envahi le Liban en septembre 2024 afin de permettre le retour de quelque 60 000 résidents du nord, déplacés par les attaques quasi quotidiennes du Hezbollah qui ont débuté sans provocation le 8 octobre 2023, soit un jour après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, soutenu lui aussi par l’Iran, dans le sud d’Israël, déclenchant la guerre à Gaza.
L’invasion israélienne au Liban avait débuté par de vastes frappes aériennes sur Beyrouth et d’autres régions, qui ont décimé les rangs des dirigeants du Hezbollah, laissant le groupe affaibli tant politiquement que militairement.