À Larmor-Plage, l’allée Frida-Hanen pour inscrire la mémoire de la Shoah dans l’histoire locale
Déportée et assassinée à Auschwitz à l’âge de 17 ans, Frida Hanen donne désormais son nom à une allée située près de la maison familiale à Larmor-Plage
L’histoire de la famille Hanen traverse l’Europe et se brise dans la tourmente de la Shoah. Originaires de Salonique, en Grèce, Jacob et Esther Hanen arrivent à Paris en 1925, fuyant à la fois des conditions économiques difficiles et une montée de l’antisémitisme. En août 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, ils s’installent à Larmor-Plage, dans une maison qu’ils baptisent « Mon Rêve ».
Mais sous l’Occupation nazie et le régime de Vichy, ce rêve se transforme rapidement en cauchemar. Comme le rappelle Ouest-France, « dès 1940, la famille fait l’objet de surveillance, de recensements puis de persécutions », conséquence directe des lois antisémites promulguées par l’État français. Le commerce de Jacob Hanen est contraint de fermer, marquant le début d’une mise à l’écart.
Une enquête menée en 1941 souligne pourtant « l’honorabilité de la famille et la sympathie dont elle bénéficie à Larmor-Plage », rapporte encore Ouest-France. Mais cette reconnaissance locale ne suffira pas à les protéger. À l’été 1942, lorsque le Troisième Reich organise, avec l’appui de l’administration française, une rafle de grande ampleur, la famille Hanen est à son tour rattrapée par la machine de déportation.
Le 15 juillet 1942, Esther Hanen et ses deux filles, Laura et Frida, sont arrêtées. Elles sont successivement transférées à Rennes puis à Angers, avant d’être déportées vers Auschwitz. Quelques mois plus tard, le 7 novembre 1942, Jacob Hanen est arrêté à son tour, interné au camp de Drancy, puis déporté vers le même camp d’extermination. Aucun d’eux ne reviendra.
Seul Isaac, le fils aîné, survit. Selon Ouest-France, il échappe aux arrestations « sans doute parce qu’il avait été naturalisé français et effectuait de nombreux voyages à Paris ». Il s’engagera ensuite dans la Résistance, au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de l’Indre.
Aujourd’hui, la commune de Larmor-Plage a choisi d’inscrire ce destin tragique dans son paysage urbain. La première partie de l’impasse des Écoles, située à proximité immédiate de l’ancienne maison familiale, a été rebaptisée allée Frida-Hanen. Un choix hautement symbolique, destiné à honorer la mémoire des victimes de la Déportation et, plus particulièrement, celle de cette famille.
Frida Hanen, élève brillante décrite par Ouest-France comme « pleine d’avenir », n’avait que 17 ans lorsqu’elle fut assassinée à Auschwitz. En donnant son nom à une allée, la commune affirme sa volonté de transmettre l’histoire, de rappeler que la Shoah n’est pas une tragédie lointaine, mais aussi une réalité qui a frappé des familles ancrées dans la vie locale.